‹ Les Rois De Syrie D’arménie Et De CommagèneChapitre 63 sur 419 · LVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LVI INTRODUCTION

les mêmes ailerons aux tempes ou sur leur casque parce qu’ils sont issus, tout comme Héraclès, du héros Persée, le vainqueur de Méduse'. C’est pour la même raison, ainsi que Eckhel l’a déjà fait ressortir*, que Prusias II, roi de Bithynie, porte aussi aux tempes ces mêmes ailes : il veut, à son tour, montrer qu’il descend de la vieille et illustre dynastie de Macédoine par sa mère Apamé, probablement sœur de Philippe V5. Les mêmes motifs encore porteront, ainsi que nous le verrons bientôt, Antiochus Hiérax, fils d’Antiochus II, à prendre le symbole perséen.

Toutes les monnaies au type de la tête ailée, qu’elles soient d’Antiochus IT Théos ou d’Antiochus Hiérax, sortent des ateliers de llonie. Elles portent, au revers, comme symboles, le cheval s’abreuvant, marque de Patelier d’Alexandria Troas, ou l'abeille, symbole d’Ephèse. Les ailes aux tempes sont donc une particularité propre à quelques villes d’Asie Mineure, voisines des Etats de Prusias II de Bithynie; elle ne s’est pas étendue aux autres provinces de l’empire des Séleucides.

D'ailleurs, un très grand nombre des autres monnaies d’Antiochus IT ont aussi, comme marques d'atelier, les emblèmes de villes ioniennes; ceci est à rapprocher de ce que nous apprend l’histoire de ce prince qui eut fréquemment à intervenir dans les affaires de cette partie de l’Asie Mineure dont les villes célèbrent sa gloire à l’envi et lui élèvent des statues comme à son père. Antiochus IT restitue leurs libertés à Clazomène et à Smyrne; il délivre Milet du tyran Timarchus; il écrit aux habitants d’Erythrée pour étendre leurs franchises +; il intervient dans la querelle de Priène et de Samos5. Ces faits contribuent, on en conviendra, à nous expliquer les nombreux symboles de villes ioniennes sur les monnaies d’Antiochus II. Nous y relevons le Pégase à mi-corps de Lampsaque, la tête d’antilope d’Aegae d’Eolide ou d’Aegos-Potamos, le cheval s’abreuvant d’Alexandria Troas, la coupe à une anse de Cymé, la tête de cheval de Magnésie sur le Méandre; comme symboles de villes associées, nous trouvons la lyre et le trépied (Mitylène et Cnide), la torche et Pégase (Cyzique et Alabanda), la tête de griffon et le caducée (Phocée ou Abdère et Mitylène), l’hippocampe et le cheval s’abreuvant (Scepsis et Alexandria Troas), le flambeau et l’aigle (Cyzique et Abydos).

Les Milésiens, heureux d’être débarrassés de Timarchus soutenu par Le parti égyptien, décernèrent à Antiochus II, dans leur enthousiasme, le surnom de @eds, et c’est en raison de cette déification, qu’un tétradrachme (Cafal. n° 209) donne à l'effigie d’Antiochus une couronne de rayons. C’est la première fois que la couronne radiée, emblème de lapothéose, fait son apparition sur les monnaies des Séleucides ; nous la verrons reparaître avec Antiochus IV qui, lui aussi, reçut le surnom de Théos. Les circonstances qui précèdent nous portent à croire également que les lettres MIA

. Polybe, V, 10; cf. Visconti, Iconogr. grecque, t. II, p. 296.

. Eckhel, Doctr. num. vet., t. II, p. 442. .

. Th. Reinach, Trois royaumes de l'Asie Mineure, p. 103-104.

. E. Curtius, dans les Monalsberichte de l’Académie de Berlin, 1876, p. 554; Dittenberger, Sylloge, 166. . Ph. Le Bas et Waddington, Inscriptions d'Asie Mineure, 192-194, 1. 9-14,

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