IV. — Héraclès assis et Zeus Aegiochus
À la faveur de la guerre qui éclata entre Antiochus II Théos et Ptolémée II Philadelphe, trois des principales provinces de l’empire des Séleucides se soulevèrent et proclamèrent leur indépendauce. Ce sont l'Arménie, la Perse et la Bactriane. Ces pays, on s’en souvient, avaient déjà été détachés administrativement, dès le temps
. Numism. chronicle, 3° sèr. t. I, 1887, pl. II, fig. $ et 6.
. Numism. chronicle, N.S., t. XX, 1880, p. 190 et pl. X, fig 4. . Numism. chronicle, 3° sér. t. I, 1887, pl. II, fig. 7.
: Voyez ce que uous avons dit plus haut, Introd., p. XLI.)
Éaume —
de Séleucus I Nicator qui leur avait donné pour roi son fils Antiochus. Le premier, Diodote ou Théodote, satrape de la Bactriane, se déclara roi indépendant : ses monnaies commencent la série bactrienne. Peu après, vers l’an 250 av. J.-C., le satrape Arsace put, de son côté, fonder l’empire des Parthes. À partir de ce moment, la Perse et la Bactriane suivent leurs destinées propres, et les ateliers monétaires de ces pays, qui jusqu'ici, ont battu monnaie au nom des rois Séleucides, cessent de faire l’objet de nos recherches.
Cependant, les premiers types monétaires adoptés par les princes révoltés, Diodote et Arsace, nous intéressent directement parce qu’ils sont limitation ou même la copie directe des monnaies des Séleucides : pour faire accepter plus facilement leurs espèces dans les transactions commerciales, les satrapes devenus rois ont dû reproduire les types monétaires en vogue dans leurs pays respectifs au moment de leur révolte. Il résulte de là que ces types, empruntés par Diodote et Arsace aux Séleucides, sont très précieux pour aider à fixer l’attribution de certains groupes de monnaies à Antiochus II Théos plutôt qu’à tout autre prince Séleucide du même nom.
Diodote adopta pour type monétaire, sur ses pièces d’or et d’argent, Zeus Aegiochus, et il fut suivi en cela par plusieurs de ses successeurs, notamment Agathocle, Antimaque et Archebius. Ce Zeus nu, debout, fièrement cambré, brandissant le foudre, portant l’égide sur le bras gauche étendu, forme, au point de vue plastique, le pendant d’Athéna Alkis; il ressemble surtout, par son attitude, au Poseidon des monnaies de Démétrius Poliorcète et d’Antigone Gonatas ou Dozon, qui est également vu de dos et ne diffère guère de Zeus que par les attributs”.
. M. Overbeck: a rapproché les principaux monuments de toute nature qui représentent Zeus avec l'égide, sujet mythologique si complètement décrit par Servius dans une glose de l’Enéide : « Aegida, id est pellem Amaltheae caprae, a quà Jupiter nutritus est, in sinistrà Jupiter tenet.… et de dextrà fulmina commovet. » Cette définition est l’exact commentaire de notre revers monétaire.
Ce type de Zeus Aegiochus paraît avoir été inauguré par Diodote en Bactriane avant l’époque où ce satrape se déclara indépendant et prit le titre de roi : c’est-à-dire que Diodote, n’étant encore que satrape, commença par frapper des monnaies au type de Zeus Aegiochus, avec le nom et l’effigie de son suzerain Antiochus II Théos. Il existe, en effet, des statères d’or (fig. 15), des tétradrachmes et des drachmes avec la légende BAZIAENZ ANTIOXOY et Zeus Aegiochus au revers, tandis que le droit est occupé par une effigie royale diadémée dans laquelle on ne
saurait méconnaître les traits d’Antiochus II, malgré le style bactrien des médailles (Catal. n° 218).
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1. Sur Zeus Aegiochus, voyez Fr. Lenormant, dans la Gazette archéologique, t. TII, 1877, p. 95.
2. Overbeck, Kunstmythologie. Zeus, p. 246, et suiv. M. Overbeck dit à tort qu’il existe des tétradrachmes d’Antiochus I Soter avec le type de Zeus Aegiochus : les pièces auxquelles il fait allusion sont d’Antiochus II Théos.
3. Le Cabinet de Françe ne possède’ que le tétradrachme. Le statère d’or que nous reproduisons ici