LX INTRODUCTION
D’autres pièces (Catal. n° 217), avec la même tête royale et le type d’Apollon assis sur l’omphalos, sont de la même fabrique barbare et ont incontestablement la même origine. M. de Sallet: à fait remarquer avec raison que M. Percy Gardner avait eu tort de considérer cette tête comme étant, malgré la légende BAZIAENZ ANTIOXOY; non point celle d’Antiochus IT, mais celle de Diodote lui-même:. La comparaison avec les autres monnaies d’Antiochus II Théos permet de reconnaitre que ces pièces bactriennes portent bien l'effigie du roi séleucide, ce qui est conforme à la légende du revers. Seulement, il faut en même temps convenir que, sur les monnaies qu’il fit ensuite frapper en son nom comme roi de Bactriane, Diodote s’attribue une effigie royale assez rapprochée de celle d’Antiochus II. Peut-être même se rattachait-il plus ou moins directement, par les liens du sang, à la race des Séleucides. Le roi de Bactriane Agathocle a pris aussi, pour effigie monétaire, un buste presque identique à celui qui figure sur l’un des tétradrachmes d’Antiochus II (Cafal. n° 217)5. Les monnaies d’Antiochus II nous apportent un autre type qui fut aussi particuliérement adopté par les rois de Bactriane : c’est Héraclès assis sur un rocher, tenant sa massue debout devant lui. Ce type, introduit dans la série bactrienne par le roi Eutydème Ier, successeur de Diodotes, se rencontre sur des tétradrachmes d’Antiochus IT Théos qui semblent avoir été frappés exclusivement en Ionie, car ils portent toujours en symbole la coupe à une anse de Cyméÿ, et leur excellent style parait bien convenir au monnayage de cette contrée. Chez les Séleucides, ce type est spécial à Antiochus II. M. Percy Gardner £ s’est trompé en classant à Antiochus Ier Soter l’un de ces tétradrachmes, et en essayant de justifier cette attribution par des considérations iconographiques. Il est vrai que, pour Antiochus comme pour plusieurs autres rois Séleucides, un certain nombre de pièces conservent à l’effigie royale des traits voisins du portrait du roi prédécesseur. C’est même cet usage, souvent répèté, qui constitue l’une des principales difficultés du classement iconographique, lorsque les types de revers et les légendes sont communs à plusieurs princes homonymes. Mais, dans le cas présent, diverses considérations nous permettent d’établir, en toute sûreté, que l’opinion de M. Gardner ne peut être adoptée. D’abord, au point de vue iconographique, s’il y a quelque rapport, pour le front bas et le renfoncement exagéré des yeux, entre l’effigie d’Antiochus Ier et celle d’Antiochus IT, toute hésitation
appartient à M. Alexandre Grant (Numism. Chronicle, 3° sèr., t. I, 1887, pl. I, fig. 9. La drachme au même type de Zeus Aegiochus existe au musée de Berlin (A. von Sallet, dans la Zeit. für Numismatik, t. VIII, p. rro).
1. Dans la Zeitschrift für Numismatik., t. VI, p. 166 et 285 ; et t. VIII, p. 110.
2. P. Gardner, The Seleucid Kings of Syria, Introd., p. xv-xvi.
3. Voyez les monnaies d’Agathocle, dans Percy Gardner, Greek and scythic Kings of Bactria and India in the British Museum, pl. IV, 4.
4. Gardner, Greek and Scythic Kings, etc., pl. I, fig. ro et 11. Ce même type d'Héraclès assis a été copié, avec une légère modification, par Hyspaosinés, roi de la Characène. Waddington, Mélanges de numismatique, 2° série, 1867, p. 85.
S- Imhoof-Blumer, Monn. grecques, p. 426, n°° 28 et 20.