‹ Les Rois De Syrie D’arménie Et De CommagèneChapitre 84 sur 419 · LXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXII INTRODUCTION

chus Hiérax qu’en 241, ce jeune prince régna 13 ans. D’après Charles Muller, Hiérax régna 18 ans.

De tout ce qui précède nous tirons les conclusions suivantes :

1. Antiochus Hiérax a dû frapper monnaie, puisqu'il jouit pendant un assez grand nombre d'années du titre de roi ; mais il ne put monnayer qu’en Asie Mineure, et les pièces qu’on doit proposer de lui attribuer ne sauraient porter la marque d'ateliers situés dans d’autres provinces de l'empire séleucide.

2. Nous avons vu plus haut qu’Antiochus II Théos a parfois son effigie royale ornée d’ailerons, sur des tétradrachmes frappés en Asie Mineure. Or, il existe un certain nombre de pièces sur lesquelles la tête royale, bien que munie d’ailerons, n’a aucun rapport iconique avec la tête d’Antiochus II Théos. Elle ressemble, au contraire, à l’effigie de Séleucus IT Callinicus avec laquelle on la confondrait, n’était la légende BAZIAEQZ ANTIOXOY. Nous croyons donc que ces pièces sont bien certainement d’Antiochus Hiérax, car il est tout naturel que les traits de ce prince ressemblent à ceux de son frère Séleucus. Visconti et Mionnet, se fondant sur la signification du surnom ‘Téoaf, épervier, avaient cru pouvoir attribuer à Antiochus Hitrax toutes les monnaies qui ont l'effigie royale avec des ailes aux tempes : les ailes rappelant l’épervier. Mais le surnom de Hiérax ne fut donné au frère de Séleucus II que par ses ennemis et peut-être seulement par des écrivains postérieurs; Antiochus n’a donc pu s’en prévaloir comme d’un titre de gloire.en en plaçant le symbole sur ses monnaies. Il faut partager en deux groupes les pièces à la tête ailée : on a vu plus haut les motifs de ladoption des ailerons par Antiochus II Théos. Quant à Antiochus Hiérax, s’il adopta les ailes, ce fut peut-être pour imiter son père et parce qu’il eut dans son domaine les ateliers où ce symbole avait été usité; ce fut peut-être aussi parce qu’il épousa la fille de Ziælas, roi de Bithynie : nous avons dit que le neveu de Hiérax, Prusias IL, prit également les ailes de Persée pour emblème. a

3. Il ya un groupe de monnaies, à la légende BAZIAEQNZ ANTIOXOY, qui ont une effigie royale non pourvue d'ailes et simplement diadémée, mais dont les traits sont tellement identiques à ceux des pièces du groupe précédent, qu’il n’est pas possible de les en séparer : elles ont d’ailleurs été frappées dans les mêmes ateliers. Voilà donc encore une série de pièces qui appartiennent sûrement à Antiochus Hiérax (Calal. n°5 285 à 287).

4. Enfin, en procédant par élimination, nous donnerons à Antiochus Hiérax des pièces d’un style tout particulier et qui ont une effigie royale se rapprochant plus de celle de ce prince que de celle de tout autre Antiochus : tels sont les nos 288 et suivants. Il en est même dont le style barbare indique une fabrication hâtive et passagere, comme celle qu’on peut raisonnablement supposer pour le monnayage d'Hiérax au milieu de toutes ses guerres, obligé qu’il était de fournir vite la solde de ses soldats. Il semble que, grâce à cette méthode prudente, nous pouvons présenter des résultats, sinon complets, du moins à peu près certains pour la plupart des piéces.

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