ANTIOCHUS, FILS DE SÉLEUCUS III LXXV
tionné dans les auteurs anciens; aussi, les modernes ne lui ont-ils pas donné de numéro d’ordre dans la série des rois de Syrie, et les anciens numismatistes n’ont pas songé à lui attribuer des monnaies. Ce prince, qui ne régna que quelques mois, était sans doute fils de Séleucus IIT; on ne connaît pas le nom de sa mère’. Il n’était qu’un enfant à la mort de son père, car Séleucus IIT ne peut être venu au monde avant l’an 245, et en supposant, remarque Droysen, qu’il ait eu un fils lui-même dès l’âge de seize ans, le jeune Antiochus naquit au plus tôt en l’an 229 : il n'avait
donc que six ou sept ans au plus, à la mort de son père, en 222.
Or, nous avons des monnaies, au nom d’un Antiochus, qui portent le portrait d’un prince en bas âge, et ce portrait est plus jeune que celui d’Antiochus V qui régna depuis l’âge de 9 ans; il est même plus jeune encore que celui d’Antiochus VI qui mourut à huit ans, après deux ans de règne. Il est par conséquent impossible d’accepter l’ancienne attribution de ces pièces à Antiochus IIT qui avait vingt ans quand il monta sur le trône. Et comme ces monnaies ont certainement été frappées, — leur style le prouve, — vers le temps de l’ivénement d’Antiochus II, il faut nécessairement les classer au jeune fils de Séleucus II.
Bunbury accepte cette attribution qui paraît avoir été proposée pour la première fois par Droysen ?. « Il existe, comme on sait, dit Droysen, des monnaies d’Antiochus portant comme effigie une tête d’enfant. On les a attribuées, si je ne me trompe, sur la foi de Sestini, à Antiochus IIT ; mais le portrait a l’air décidément trop jeune pour un prince de près de vingt ans : ces monnaies appartiennent, sans aucun doute, au fils de Séleucus IIT. » C’est un fait désormais acquis.
Quant à essayer de déterminer dans quelles circonstances et dans quel pays ces monnaies ont été frappées, on ne peut émettre sur ce point que des conjectures. Nous savons qu'après l'assassinat de Séleucus III Céraunus, le satrape Acaaeus, qui gouvernait une partie de l’Asie mineure, fit mettre à mort les meurtriers du roi et que, refusant pour lui-même le trône que lui offraient les soldats, il poursuivit la guerre contre ÂAttale, roi de Pergame 3. Achaeus paraît donc avoir reconnu comme souverain légitime le fils de Séleucus IT : on pourrait ainsi admettre qu’Achaeus fit frapper en Asie Mineure des monnaies au nom du jeune fils de Séleucus IT : le style de ces beaux tétradrachmes, qui portent tous un trépied en symbole, ne fait que confirmer cette explication.
Cependant Droysen émet une hypothèse qui peut nous obliger à déplacer le lieu d'émission des monnaies en question. En partant pour sa campagne d’Asie Mineure, dit-il4, Séleucus IIT avait confié au Carien Hermias la direction des affaires interieures : on peut croire qu'Hermias favorisa particulièrement l’avènement d’An-
1. Voyez les conjectures de Droysen au sujet de ce jeune prince. Droysen, Hist. de l’hellénisme, t. III, p. $52, note 3.
2. Droysen, Hellenismus, t. IT, p. 521, note (éd. allemande) et t. III, p. 552, note 3 de éd, française. Cf. Imhoof-Blumer, Portrætkoepfe, p. 29.