LXXVI INTRODUCTION
tiochus III le Grand, proclamé par les troupes restées en Syrie. Dès lors, Molon et Alexandre, satrapes de Médie et de Perse, se révoltèrent pour soutenir la cause d’Antiochus, fils de Séleucus III, et voilà pourquoi Molon ne prit pas le titre royal tout de suite après sa rébellion qui avait au moins un prétexte de légitimité. Telle est l'hypothèse de Droysen, d’après laquelle le jeune Antiochus aurait probablement été mis à mort par Hermias qui fit monter sur le trône Antiochus IIT.
Quoi qu’il en soit, tous les tétradrachmes d’Antiochus, fils de Séleucus, ont été frappés dans le même atelier, car ils sont tous de même style et portent tous un trépied comme symbole; les lettres ou monogrammes de l’exergue ne sont que des marques d'émission ou des noms de magistrats.
C’est sur les tétradrachmes d’Antiochus, fils de Séleucus, qu’on rencontre pour la première fois, la bandelette de laine autour de l'effigie royale, remplaçant le grènetis ou plutôt alternant désormais avec lui. Ce nouvel emblème a été incidemment expliqué par Cavedoni' dont l'opinion a passé inaperçue ou a été négligée. IL affecte la forme d’un cordon de laine, avec des nœuds de distance en distance; ce cordon parait détaché du réseau de cordelettes pareilles, qui recouvre l’omphalos sur lequel Apollon est assis. A l’imitation des monnaies des Séleucides, cette bandelette de laine se trouve aussi sur des pièces frappées dans les villes de Syrie, encadrant le type principal; mais on paraît, et ceci arrive même sur les monnaies des derniers Séleucides, lavoir employée alors par imitation, conventionnellement et sans se rappeler son sens originaire et symbolique, car elle se déforme et ressemble tout à fait à la moulure d'architecture bien connue, qu’on appelle chapelet d’olives et qui est composée de perles rondes alternant avec des grains allongés : cette ressemblance a même porté les numismatistes à désigner l’ornement monétaire sous le nom de collier de perles. Mais pour se rendre un compte exact de ce qu'est réellement cet
ornement, il faut l’observer dans ses origines er non pas dans ses dégénérescences ,
et ses altérations ultérieures. Cette bandelette de laine, analogue à celle dont on ornait la tête des victimes avant le sacrifice, les cornes des bœufs, par exemple, Ctait la creuua sacrée d’Apollon; une statue en marbre représente Apollon tenant à la main cette cordelette noueuse:, parfois même elle parait suspendue à un arbre sacré à titre d’ex-voto’. Enfin, la même bandelette descend des mains d’Apollon, presque jusqu’à terre, dans des statues reproduites sur les monnaies : témoin l’Apollon qui forme le type des monnaies de Magnésie du Méandre; elle orne aussi parfois la cortine du trépied delphique, et l’on peut encore lui comparer les bandelettes qui pendent des mains de l’Artémis éphésienne. L’omphalos couvert d’un réseau, tel qu’on le voit sur les monnaies est, en général, de trop petites proportions pour qu'on puisse apprécier la composition des mailles du tissu, mais, si l’on veut bien se
1. Cavedoni, Spicilegio numismatico, p. 260; cf. À de Longpérier, Mémoire sur les rois parthes arsacides, p. 26, note.
2. Clarac, Musées de sculpture, pl. 480, n° 923 (coll. Pacetti). 3+ Voyez notamment un bas-relief publié par Guhl et Kœner, La vie antique (trad, franç.), p. 6, fig. 2.
da
reporter aux monuments qui reproduisent l’omphalos dans de plus amples proportions (voyez ci-dessus, p. XLIV), on se rendra aisément compte que les cordelettes de laine qui composent le réseau sont exactement semblables à celle qui entoure la tête des rois de Syrie : cette bandelette rappelle l’origine apollinienne des Séleucides ; comme nous l'avons dit plus haut, c’est un emblème qui protège symboliquement la tête du roi, fils d’Apollon. Cette interprétation explique en même temps comment il se fait que la bandelette de laine ne paraît, en général, dans toute la série des monnaies royales de l’antiquité, que sur celles des rois de Syrie : on ne la trouve ni sur les monnaies des rois de Macédoine, ni sur celles des rois d'Egypte, de Pergame, du Pont, de Cappadoce, de la Bactriane, ni même sur les monnaies des rois Parthes. Les très rares exceptions à cette règle que Von peut relever, par exemple dans les séries cappadocienne et bactrienne, serviraient plutôt à confirmer qu’à infirmer cette loi générale.
Ëre des Sél. 90 à 126 (222 à 187 av. J.-C.)