Fr. Lenormant, La monnaie dans l'antiquité, t. I, p
ANTIOCHUS III LE GRAND b LXXXI Comme ces quadruples statères d’or sont frappés avec les mêmes coins que les tétradrachmes d’argent dont ils ont l’aspect extérieur, on pourrait être tenté d’en soupçonner l'authenticité. Mais elle est bien établie aux yeux des meilleurs juges; la plupart des pièces sont d’ailleurs connues depuis très longtemps et ont passé par toutes les mains. Enfin, les monogrammes qu’on lit au revers de ces médaillons varient de forme, se déplacent, et attestent ainsi la multiplicité des coins monctaires. Si l'on en juge par l'aspect de la tête d’Antiochus, les octodrachmes d’or ont été frappés à une époque à peu près contemporaine des statères, mais non dans le même pays. Leur fabrique paraît désigner la Babylonie, et peut-être est-il possible de rapporter à une circonstance historique l'émission passagère de ces pièces extraordinaires. Au début de sa campagne en Orient, Antiochus occupa Ecbatane où se trouvait un temple fameux d’Anaïtis dont les richesses étaient proverbiales. Antiochus fit main basse sur l'or et l'argent du temple et il en frappa monnaie. Est-ce que les pièces d’or, insolites par leur grandeur, dont nous venons de parler, représenteraient à nos yeux les lingots d’or enlevés au trésor sacré d'Anaïtis, à Ecbatane ?