LXXX INTRODUCTION
Groupe C (Catal. n° 365 à 387). C’est aussi un type de l’âge mûr, mais dans d’autres ateliers. La figure est plus ramassée : elle nous donne l’impression d’un homme de 40 à 45 ans.
Groupe D (Catal. nos 388 à 390). Type de vieillard ; les traits sont accentués, le visage se ride, se déforme et s’amaigrit, bien qu'Antiochus soit mort seulement à s2 ans.
IT. — Monnaies d’or d’Antiochus III.
Les monnaies d’or d’Antiochus III se composent de statères et de quadruples statères. On a fait, vers 1886, une trouvaille de statères dans quelque région des bords de Oxus ou de l’Indus; ces pièces d’or (Culal. n° 355) représentent Antiochus avec des traits qui sont déjà ceux de l’âge mür, c’est-à-dire que ces traits correspondent à l’âge qu'avait Antiochus lors de son expédition en Bactriane et dans l'Inde; enfin ces statères sont remarquables par leur fabrique sèche et plate, et ils portent, comme marque monétaire, les monogrammes 59 ou 156, qui sont spéciaux aux monnaies émises dans l’Asie centrale : voilà des raisons plus que suffisantes pour établir que ces statères ont été frappés dans l’Inde ou la Bactriane durant la longue expédition d’Antiochus III le Grand dans ces régions reculées :.
Les quadruples statères ou octodrachmes d’or qui paraissent pour la première fois dans la série des Séleucides, sont aussi connus en assez grand nombre, mais on ignore leur provenance. Outre notre exemplaire (Catal. n° 365) et celui du British Museum, il y en a trois qui, de la collection Fox, sont entrés au Musée dè Berlin; trois autres se trouvent à la bibliothèque royale de Haag* et une au Musée de Florence. Il en est d’autres encore qu’il est superflu d’énumérer; il convient seulement d’avertir le lecteur de se défier des fausses attributions qui ont pu être faites de certaines de ces pièces qu’on a parfois données à Antiochus Ier Soter ou à d’autres Antiochus5. Ces grandes et belles pièces d’or pèsent de 34 gr. 20 à 33 grammes 90 environ. On leur donnait, comme aux pièces analogues de la série des Lagides, le nom de mnaieia (uvañov). « Ce nom, remarque Fr. Lenormant, exprimait leur valeur d'une mine ou cent drachmes d’argent. On peut donc les comparer aux pièces de cent francs en or que l’on frappe de temps à autre à la Monnaie de Paris#. »
1. M. Percy Gardner avait d’abord attribué ces statères à Antiochus Hiérax (The Seleucid, p. 110 et pl. XXVIIL, x b); il a reconnu plus tard que ces pièces, en raison de leur provenance indobactrienne, appartenaient sûrement à Antiochus III. (Numism. chron. 3° série (1887), t. I, p. 11).
2. Voyez sur ces pièces, Imhoof-Blumer, dans la Zeitschrift für Numismatik. t. UT, p. 345 à 347.
3. Par exemple, dans le Catalogue Northwick, n° 1262, où un de ces octodrachmes est attribué à Antiochus I°* Soter. M. A. von Sallet affirme que le Musée de Berlin possède un octodrachme d’or d’Antiochus V Eupator : je ne crois guère à cette attribution. (A. von Sallet, dans la Zeifsch. f. Numism., t. III, p. 347, note; cf. Friedlaender, dans la Zeit. f. Numism., t. I, p. 268). La description des octodrachmes d’or du Musée de Berlin se trouve intégralement dans Friedlaender et A. von Sallet, Das Kænigl. Munzkabinet, n°5 416, 417, 418 et 426 : l’attribution à Antiochus V est maintenue.