CHAPITRE PREMIER
Le jeune vainqueur d'Arcole venail de commencer en Italie sa merveilleuse carrière. Au moment où il poursuivait les Autrichiens au delà de TAdige, il apprit que le gouvernement pontifical, qu'il n'avait ni outragé, ni attaqué, se préparait à se joindre à TAutriche; la cor-
i LES ROMAGNES.
respondance du cardinal Burca , secrétaire d'État, ennemi juré de la France, avait été interceptée; les projets contre l'armée française, que les troupes de Pie YI devaient prendre par derrière, étaient dévoilés. Bonaparte, dont le Saint-Siège refusait depuis un an d'écouter les propositions pacifiques, fut obligé, pour le salut de son armée, de prévenir les desseins hostiles de la cour pontificale. Le général autrichien GoUi fut alors placé à la tète des soldats du Pape. « On fit des prédications o fanatiques dans toutes les provinces ro- « maines ; on promit le ciel à tous ceux qui (c se dévoueraient pour le Saint-Siège, et on « lâcha d'exciter une Vendée autour de Bona- « parte \ » Le Directoire désirait que la puissance temporelle du pape fût détruite; Bonaparte ne le voulut pas. Vainqueur de
^ Tbiers, HisL de la Révolution française^ t. IX, p. 57.
l'armée romaine à Senio, il assembla les prisonniers et lenr annonça qu'il leur donnait la liberté, à la condition qu'ils iraient apprendre à leurs compatriotes « que les France çais ne venaient détruire ni la religion, c< ni le Saint-Siège, mais qu'ils voulaient « seulement écarter les mauvais conseillers « dont le Pape était entouré. »