‹ Les Romains d'Orient: aperçu de l'ethnographie de la RoumanieChapitre 7 sur 16 · Tocilescu, Dacia inainte denomani, p · texte numérisé non relu

Tocilescu, Dacia inainte denomani, p

est celle de savoir quel était le rameau indo* européen qui a le plus contribué à la formation du peuple roumain.

Les données les plus contradictoires ont été fournies à ce sujet *, mais les contradictions mêmes ont amené à un résultat sur lequel on ne s'est peut-être pas assez appesanti, à savoir la grande multiplicité des facteurs dans la composition de ce qui est devenu la nationalité roumaine.

Le foyer d'évolution des Thraces se trouvait au sud de Flster. Il est cependant hors de doute que ce foyer rayonnait au delà de ce grand fleuve et atteignait jusqu'aux territoires sur lesquels avaient essaimé les migrations scythiques. Les Gëtes eux-mêmes nous apparaissent surtout dans la région située au midi de la rive droite du Danube;

1. M. Gr. Tocilescu pense qu'il résulte des opinions des çrincii)aux ethnographes, que les Gèles et les Daces n'étaient ni Germains, ni Celtes, ni Slaves d'origine [Daeia inainte de Romani^ dans les Annalele Societatei Academice Romane, 1877, t. X, p. 542). 11 y a évidemment un malentendu qui provient de Tincertitude qui environne toujours le seus vague du mot « origine ». — M. Urechia admet comme prouvé que les Daces n'appartiennent ni à la race Slave, ni à la race Allemande, et il les considère comme une branche parallèle des Hellènes, de la même souche ()ue les Thraces. (Dans le Congrès international des Sciences Ethnographiques, Paris, 1878, p. 145). -^ Ubicini voit, dans les Daces, un peuple de race Scythique [Provinces Danubiennes, p. 20).

Si

ETHNOGRAPHIE DE LA ROUUANiE

et, par lasuite seulement, od les voit répandas sur les versants des Carpathes. C'est vers le nord qu'ils poursuivent leur marche envahissante. Qu'ils uent rencontré sur leur route, comme le veulent plusieurs ethnographes.

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Cuirassiers de I année de Gète

des populations slaves, sorties comme eux de la grande souche aryenne, cela n'est guère contestable. On ne saurait en conclure qu'ils étaient Slaves eux-mêmes.

Au contraire, la théorie suivant laquelle ces mêmes Gètes auraient occupé un pays peuplé par un élément gaulois, est très vrai-

ORIGINES ET ÉVOLaTIONS ETHNIQUES 33

semblable, et c'est tout au plus si Ton n'est pas amené à les considérer comme de véritables Gaulois.

Seulement, les indices historiques recueillis sur ce problème nous invitent à croire qu'à une époque reculée, ce n'était pas un seul , mais bien' deux éléments gallates qui étaient en lutte sur le sol même de la Moldo-Valachie : Télément Celte proprement dit et l'élément Kymri.

Au IV* siècle avant notre ère, alors qu'Alexandre traversa la Valachie actuelle pour gagner le pays des Scythes, l'élément Celte existait dans le pays. On Ty retrouve au ni% puis au n«, puis encore au i" siècle de notre ère. Cet élément gallique ne nous est pas représenté comme nomade et inconsistant, mais bien au contraire comme un vigoureux rameau ethnique qui avait plongé dans le sol de profondes racines, constitué un étaf florissant, et créé une civilisation relativement avancée.

Or c'est un siècle plus tard, — au i" siècle de notre ère, — que les auteurs grecs et latins, en nous parlant de la contrée, ne nous y montrent plus que des Gètes et des Daces. Est-il admissible que le contingent Celtique si imposant, qui s'y était établi

depuis pins de quatre cents ans, ait disparu tout d'un coup d'une façon tellement inaperçue que les historiens de Tanliquité n'aient pas eu l'occasion de nous en entretenir? Et n'est-il pas plutôt croyable que ces historiens nous ont parlé d'un seul et même peuple, sous les noms différents par lesquels les circonstances leur avaient appris à les connaître ? Comme l'a fort bien dit M. Obédénare. dont la théorie sur l'origine des Roumains parait la plus plausible : « Le nom des peuples a dû seul changera » Ce nom at-il même changé au point d'être devenu absolument méconnaissable ; et, tout en hésitant à faire usage du système de philologie ethnographique de M. de Hauslab, est-il impossible de trouver une certaine analogie phonétique entre le nom des GèTes, et celui des KelTes et des GalaTes * ? Ce rapproche- «<ment ne doit être accepté qu'avec réserves, mais il est aussi solide que la plupart de ceux qui servent chaque jour aux linguistes pour imaginer des liens de parenté et de filiation entre les peuples.

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