‹ Les romances du CidChapitre 118 sur 132 · LES FEMMES · texte numérisé non relu

LES FEMMES

Que de vertus brillent dans le malheur, Que le bonheur eût toujours ignorées!

Je ne peins point votre douce valeur Dans ces périls , ô mères révérées.

Mais je pourrais, en ces jours malfaisans, Peindre, chanter tant d'épouses modèles, Noble réponse à ces mauvais plaisans Peintres communs d'épouses infidèles.

Oui , quelquefois, il faut en convenir.

Le nœud d'hymen se relâche et s'altère. Mais bien souvent, j'aime à le soutenir, L'iiorineur le garde, et le malheur le serre. Dans la prison et même dans la mort Que de vertus luttèrent manifestes !

Et que de fleurs, au souffle affreux du nord. Vinrent briller, violettes modestes!

O dévouement qu'on ne peut trop vanter ! De ses railleurs que la femme se venge ! Efforts pieux, vous dire est vous chanter. Et vous planez par-dessus la louange

Que de vertus en cet être enchanteur, Du ciel qui l'aime , émanation pure !

Ange exilé , la femme en a le cœur, Et quelquefois en trahit la figure.

Page 1