DERNIERS VERS D'ANDRÉ CHÉNIER
7 thermidor an n (1794)-
« Gomme un dernier rayon, comme un dernier zéphire
Anime la fin d'un beau jour, Au pied de l'échafaud j'essaie encor ma lyre.
Peut-être est-ce bientôt mon tour.
Peut-être avant que l'heure en cercle promenée
Ait posé sur l'émail brillant ,
Dans les soixante pas où sa route est bornée,
Son pied sonore et vigilant , T^e sommeil du tombeau pressera ma paupière;
Avant que de ses deux moitiés Ce vers que je commence ait atteint la dernière,
Peut-être en ces murs effrayés Le messager de mort , noir recruteur des ombres ,
Escorté d'infâmes soldats , Remplira de mon nom ces longs corridors sombres. »