BEAUHARNAIS
5 thermidor an ii (juillet 1 794)-
i( Les calomniateurs, lâches et triomphans, M'ont voué , je le sens, au destin de Gustine ; Et je n'ai plus l'espoir de revoir mes enfans Ni de t'embrasser, Joséphine.
Dillon, Lukner, Biron, chacun est moissonné. Faut-il par Féchafaud qu'un général défaille ! On devrait envoyer tout guerrier condamné Mourir sur le champ de bataille.
Sur le champ de bataille ! ah ! le poids de mes maux Trouble ce que je dis comme ce que je pense : Par une telle fin punir les généraux.
Ce serait une récompense.
Ma Joséphine , adieu. Mon sort est arrêté. A l'armée, au sénat, j'ai défendu la France; J'ai chéri, j'ai voulu servir la liberté, Et tu vois sa reconnaissance.
De regrets trop amers en vain je me défends. Je pense à l'avenir que le sort vous destine. Quel sort affreux ! que vont devenir mes enfans ? Que deviendras-tu, Joséphine?»