‹ Les romanesques; comédie en trois actes en versChapitre 11 sur 83 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

PERCINET

Je Tadore, ce murl

BERGAMIN

Je ne vois pas ce que ce mur a d'adorable.

SYLVETTE, à part.

Il ne peut pas le voir!

PERCINET

Mais il est admirable, Ce vieux mur, crête d'herbe, enguirlandé, couvert loi de vigne rouge, ici de lierre vert, Là de glycine mauve aux longues grappes floches, El là de chèvrefeuille, et là d'aristoloches! Ce vieux mur centenaire et croulant, dont les trous Laissent pendre au soleil d étranges cheveux roux, Qui de petites fleurs charmantes se constelle, Ce mur sur qui la mousse est d'une épaisseur telle Qu'il fait à l'humble banc sceflé dans sa paroi Un dossier de velours comme au trône d'un roi !

BERGAMIN

Ta! ta! ta! Voudrais-lu, blanc-bec, me faire accroire Que tu viens ici pour les beaux yeux du mur?

PKRGINET.

Voire, Pour les beaux yeux du mur ! . . .

Tourné vers le mur.

qui sont de bien beaux yeux Frais sourires d'azur, doux étonnements bleus, Fleurs profondes, clairs yeux, vous êtes nos délices, Et si jamais des pleurs emperlent vos calices. D'un seul baiser nous les volatiliserons 1...

BERGAMIN

Mais le mur n'a pas d'yeux I

PERCINET

Il a les liserons.

Et, gracieux, il en présente un, prestement cueilli, à Bergamin SYLVETTE.

Est-il spirilucl, doux Jésus!

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