‹ Les romans de la Table ronde nouvellement rédigésChapitre 11 sur 100 · LE SAGE ENFANT · texte numérisé non relu

LE SAGE ENFANT

qu'ils arrivassent en une ville et, comme

ils

en

sortaient

virent un vilain qui portait

de

gros

souliers

et

une pièce

de

cuir

à la

main

En pas-

sant près

lui

Merlin

se

mit

rire

, et

comme

ses compagnons lui demandaient pourquoi

leur dit

- Parce que

ce

vilain qui pense avoir

réparer ses chaussures

en

faisant son pèlerinage

sera mort avant que d'arriver

à sa

maison

Les messagers interrogèrent l'homme qui leur répondit qu'il venait d'acheter ses souliers

au

marché

, et le

cuir pour les racommoder quand

ils

seraient usés

car

voulait aller

en

Terre

sainte

Étonnés

les messagers

le

suivirent

et

ils

n'avaient pas fait une lieue qu'ils

le

virent tomber mort

Alors

ils

songèrent

chacun

part

soi

nous vaudrait mieux souffrir mille supplices que d'occire un

si

sage enfant

Merlin

qui sut leur pensée dans

même instant

les remercia de leurs bonnes résolutions

" Et

Cependant

ils

approchaient

de la

cour du roi Vortiger

n'en furent plus qu'à une heure de route

ils

demandèrent

Merlin ce qu'ils diraient au roi

MERLIN L'ENCHANTEUR - Contez -lui ce que vous avez vú , leur conseilla -t -il , et assurez -lui que je lui enseignerai pourquoi sa tour s'écroule toujours .

Ce qu'ils firent ; et le roi émerveillé commanda qu'on lui amenât Merlin . Celui- ci le salua le plus poliment du monde :

- Roi Vortiger , tu veux savoir pourquoi ta tour ne peut tenir ? C'est qu'il y a dessous la terre , à l'endroit où elle s'appuie , deux dragons qui ne voient goutte , l'un roux et l'autre blanc , qui dorment sous deux grandes pierres . Quand

sentent

le

poids

de la

tour

ils

se

tournent

, et

elle croule

Si

ce

je

dis est faux

condamnemoi au feu

; si

c'est vrai

accuse tes clercs

et

tes astronomes qui prétendent connaître tout

et

ne savent rien

Aussitôt

le

roi fit rassembler les ouvriers du

pays pour creuser

la

terre

lesquels travaillèrent

si

bien qu'on mit

jour les deux grandes pierres qu'avait annoncées Merlin

Et

dès qu'on

eut soulevé

la

première

un dragon blanc apparut

si

grand

si

fier

et

si

hideux

que tout

le

monde

se

hâta de reculer

Puis

sous

la

seconde

on

découvrit un dragon roux

qui

sembla encore plus grand

et

plus sauvage

Et

tous deux

ne

tardèrent pas

s'éveiller

et

jeter l'un sur l'autre

en

se

déchirant horriblement des dents

et

des griffes

La bataille dura tout

le

jour

toute

nuit

et le

lendemain jusqu'à l'heure

de

midi

Longtemps

le

blanc eut

le

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