VIVIANE
des tambours et instruments .
Cependant un fort château se dressait tout auprès , avec un verger dont les fleurs et les fruits répandaient toutes les bonnes odeurs de l'univers . Viviane
était émerveillée et si aise de regarder ces choses qu'elle ne trouvait pas un mot à dire ;
ce qui seulement l'ennuyait un peu , c'était de ne comprendre que le refrain de la chanson , qui était :
Voirement sont amor Ajoie commencées Et finent à dolor .
La fête se prolongea de none jusqu'à vêpres ;
et quand les caroles eurent assez duré , les dames et les demoiselles s'assirent dans leurs
beaux habits sur l'herbe fraîche , tandis que les écuyers et les jeunes chevaliers allaient jouter
à la quintaine dans le verger .
Que vous en semble , demoiselle ? dit Merlin . Me tiendrez -vous votre serment ?
- Beau doux ami , de cœur je suis toute vôtre ; mais vous ne m'avez encore rien enseigné .
- Je vous dirai de mes jeux , répondit Merlin , et vous les mettrez en écrit, car vous savez de lettres .
Mais qui vous a dit cela ?
Mon maître m'a si bien appris !
Tandis qu'ils causaient ainsi , les dames et les pucelles s'en allaient en dansant vers la forêt
avec leurs chevaliers et leurs écuyers , et à mesure que les couples arrivaient sous les arbres ,
ils
s'évanouissaient
sontour
, le
château disparut
mais
le
verger demeura
à la
prière
de
Viviane
et
fut appelé Repaire
de
joie
et
liesse
-Belle
dit Merlin
hélas
je
dois partir
- Comment
Ne m'apprendrez
vous aucun de vos jeux
Ily
faut loisir
séjour
Et
je
veux que
vous promettiez en échange que vous vous donnerez vous
même
mon plaisir
La pucelle réfléchit un peu
et
- Sire
, je
le
ferai après que vous m'aurez enseigné tout
ce
que
je
voudrai savoir
lui apprit sur
le -
champ
faire couler une rivière où
lui plairait
, et
quelques autres jeux légers
dont elle écrivit les mots sur un parchemin
ce
qu'elle savait très bien faire
Puis
prit congé
en
lui promettant de revenir
la
veille de
la
Saint
Jean
Et
retourna en Car-
mélide
où
les trois rois furent bien joyeux de le revoir
- Beaux seigneurs
leur dit un jour
le
roi Léodagan
sachez que
je
vous aime de plus grand amour que vous
ne
pensez
et
ainsi