FIANÇAILLES D'ARTUS
dois -je faire puisque vous m'avez donné mon royaume et ma vie . Ne me direz-vous pas qui
vous êtes ? il n'est chose au monde que je désire autant .
Les trois rois regardèrent Merlin . En les voyant ainsi hésiter , Léodagan fut si troublé que
les larmes lui montèrent du cœur aux yeux et couvrirent son visage . Aussi en eurent -
grand'pitié
ils le
firent asseoir sur un
lit à
côté d'eux
et
Merlin lui dit en lui montrant Artus
- Sire
voici notre damoisel
sachez que
tout roi couronné que vous êtes
est plus haut
homme que vous
Nous allons par
le
monde
cherchant aventure
espérant de lui trouver une femme
- Ah
pourquoi chercher
répondit Léodagan
J'ai
la
fille
la
plus belle
plus sage
, la
mieux apprise qui soit
- Elle
ne
sera refusée
s'il plaît
Dieu
dit Merlin
Grande fut
la
joie
de
Léodagan
en
l'entendant parler ainsi
Sur
le -
champ
fut quérir Guenièvre
l'amena par
la
main dans
la
chambre
puis
y fit
entrer tous les chevaliers qui étaient au château
, et
prononça
haute voix
- Gentil damoisel que
je
ne
sais encore nommer
recevez ma fille pour femme
avec tout
ce
qu'elle aura d'honneur
et
de biens après ma mort
Je
ne la
pourrais donner
un plus prud'homme
MERLIN L'ENCHANTEUR - Grand merci ! dit Artus .
Léodagan lui mit la main de Guenièvre dans la main , et l'évêque de Carohaise bénit leurs fiançailles .
- Sire , dit alors Merlin , sachez , vous et tous
ceux qui sont ici, que vous avez donné votre fille au roi Artus de Bretagne , fils d'Uter Pendragon .
Vous , ainsi que tous les vôtres , lui devez hommage . Et ces deux prud'hommes
sont frères germains et rois couronnés : l'un est Ban de Benoïc , l'autre Bohor de Gannes . Et tous
ces autres compagnons sont fils de rois et de reines , ou de comtes , ou de châtelains .
A ces mots , la joie de Léodagan et des assis-
tants fut telle qu'il n'y en eut jamais de pareille . Tous firent hommage au roi Artus . Après quoi
on s'assit au manger et le roi Léodagan songea que maintenant Notre Sire pouvait faire de lui
sa volonté , puisque sa terre et sa fille étaient assignées au plus prud'homme de l'univers .
Deux jours passèrent de la sorte , après quoi Léodagan demanda quand aurait lieu le mariage .
Sire , dit Merlin , auparavant nous faut-il