‹ Les romans de la Table ronde nouvellement rédigésChapitre 50 sur 100 · MERLIN ET VIVIANE · texte numérisé non relu

MERLIN ET VIVIANE

la forêt de Broceliande auprès de Viviane , sa mie .

Quand elle le vit, elle

fit

paraître une grande joie

, et

lui

l'aimait

si

durement que pour

un

peu plus

serait devenu fou

- Beau doux ami

lui dit

elle

ne

m'enseignerez

vous pas quelques nouveaux jeux

, et

comment

par exemple

, je

pourrais faire dormir

un

homme aussi longtemps que

je

voudrais sans qu'il s'éveillât

lui demanda pourquoi elle voulait avoir cette science

mais

hélas

connaissait bien

toute

sa

pensée

- Parce que

toutes les fois que vous viendriez

, je

pourrais endormir mon père Dyonas

et

ma mère

car

ils

me tueraient s'ils s'apercevaient jamais

de

nos affaires

Et ,

la

sorte

, je

vous ferais entrer dans ma chambre

Bien souvent

durant les sept jours qu'il passa avec elle

, la

pucelle lui renouvela cette demande

Une fois qu'ils

se

trouvaient tous deux dans

le

verger nommé Repaire

de

liesse

auprès

de la

fontaine

elle lui prit

la

tête

en

son giron

et ,

quand elle

le

vit plus amoureux que jamais

Au moins

dit

elle

apprenez

moi

endormir une dame

savait bien son arrière

pensée

pourtant

lui enseigna

qu'elle désirait

car ainsi

le

voulait Notre Sire

Et

beaucoup d'autres choses

MERLIN L'ENCHANTEUR

encore : trois mots , par exemple , qu'elle prit en écrit , et qui avaient cette vertu que nul homme

ne la pouvait posséder charnellement lorsqu'elle

les portait sur elle ; par là se munissait -elle contre Merlin , car la ferame est plus rusée que

diable . Et il ne pouvait s'empêcher de lui céder toujours .

Enfin, après une semaine , il la quitta tristement pour aller où il devait être , et ce

fut

dans

la

forêt

de

l'Épinaie aux environs

de

Logres

Là

prit l'apparence d'un vieillard tout croulant d'âge

monté sur un palefroi blane

vêtu d'une robe noire et coiffé d'une couronne

de

fleurs

dont

la

barbe était

si

longue qu'elle faisait trois fois

tour de

sa

ceinture

et

ainsi

fait

se

porta

au -

devant

de

Gauvain qui chassait dans

la

forêt

Gauvain

Gauvain

lui dit

-il, si tu

m'en croyais

tu

ferais trêve aux cerfs

aux daims

car

vaudrait mieux pour ton honneur faire guerre aux hommes dans

la

forêt de Sarpenie

Là

dessus

s'éloigna

si

rapidement qu'on n'aurait pu avoir seulement l'idée

de le

suivre

Mais

présent

le

conte

se

tait

et

en

vient

parler du roi Lot d'Orcanie

Page 1