‹ Les romans de la Table ronde nouvellement rédigésChapitre 51 sur 100 · LE ROI LOT · texte numérisé non relu

LE ROI LOT

Il ne pouvait se consoler du départ de ses fils et d'avoir perdu la reine sa femme , avec l'enfant Mordret . Il en avait une grande rancune contre le roi Artus ; et en même temps , voyant que les Saines continuaient de ravager sa terre et d'assiéger ses châteaux sans qu'il pût les en empêcher , il regrettait de n'être pas en paix

avec celui qui l'aurait aidé à les repousser .

Quand il sut les fiançailles de Guenièvre de Car-

mélide , pensa que , s'il pouvait s'emparer d'elle , il déciderait peut - être Artus à lui faire une bonne paix moyennant qu'il rendît sa pri-

sonnière . Il vint donc , avec quelques chevaliers , s'embusquer secrètement dans les bois proches de la cité de Carohaise , tout prêt à profiter de la première occasion . Et c'est là que ses espions l'avertirent un jour que Guenièvre se proposait d'aller en pèlerinage à une abbaye qui se trouvait justement de ce côté .

La pucelle chevauchait en compagnie de ses demoiselles et de monseigneur Amustant , qui

était le chapelain du roi Léogadan , son père , et qui le fut plus tard du roi Artus . Guyomar, son

MERLIN L'ENCHANTEUR

cousin , l'escortait avec quelques gens d'armes ,

car le pays n'était pas sûr .

C'était en juillet , la douce saison où les prés

sont bien herbus et où les oisillon's font retentir

suavement

les

vergers

et

les bocages feuillus

La

pucelle

qui avait

le

cœur gai

et

léger

cause du soleil

s'entretenait avec monseigneur

Amustant

et

avec les chevaliers

et

les dames qui l'accompagnaient

lorsqu'une troupe de fervêtus parut au loin

Aussitôt qu'ils les aper-

çurent

Guyomar

et

ses compagnons lacèrent leurs heaumes et montèrent sur leurs des-

triers que leurs écuyers menaient

ils

brochèrent des éperons

et

s'élancèrent aussi vite que leurs chevaux purent les porter

à la

rencontre des étrangers qui leur couraient sus

d'autre part

, la

lance sur

le

feutre

et

l'écu devant

la

poitrine

Les combattants s'entre

choquèrent

grand

fracas

et

toute

forêt retentit du froissement

des lances

puis du heurt des chevaux

et

des corps

et

des coups des épées sur les heaumes

Le roi Lot

et

Guyomar firent merveilles

les

chevaliers

de

Carmélide étaient beaucoup

moins nombreux que leurs adversaires

, si

bien qu'ils

ne

tardèrent pas

se

trouver

grand

danger

Guenièvre

et

les demoiselles

qui assistaient

de

loin

au

combat

avec

chapelain

et

les

garçons qui conduisaient

les

sommiers

se

déso-

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