‹ Les romans de la Table ronde nouvellement rédigésChapitre 57 sur 100 · LE MORT DE JEUNE · texte numérisé non relu

LE MORT DE JEUNE

Là- dessus , messire Gauvain voulut se jeter

sur le sénéchal . Yvain , qui était assis à son côté , le retint ; mais Gaheriet , couroucé d'entendre traiter ainsi son frère , s'avança et donna un tel soufflet à Keu que toute la salle en résonna et qu'il l'abattit aux pieds de monseigneur Gauvain . - Orgueilleux truand , parlerez -vous encore ? Si le roi mon oncle et ces autres prud'hommes

n'étaient céans ,je vousjetterais par cette fenêtre ! Keu voulait se précipiter sur Gaheriet , mais messire Yvain et Merlin les séparèrent . Le roi ,

en colère , s'était levé et la chambre emplie de chevaliers . Alors messire Gauvain conseilla à son

frère de quitter la salle , ce que Gaheriet

tôt

Là

dessus

Sagremor arriva

s'informant

de

ce

qu'il

avait

Merlin

le

prit par

la

main

et le

fit

asseoir près

de

lui pour détourner son attention

mais

le

roi dit une parole maladroite

Je

veux

déclara

-t-il,

que Keu rende

Gaheriet

le

soufflet qu'il

en a

reçu devant moi

Sire

répondit sagement messire Gauvain

laissez passer

ce

jourd'hui

Demain nous ferons leur paix

Cependant défendez

votre sénéchal de donner des surnoms

de

meilleurs que lui

et

qui vous aident

défendre votre terre

- Qu'y

a-t-il

donc

demanda Sagremor

Merlin dut lui conter l'histoire d'un bout

l'autre

et

ne fit

qu'en rire

Mais

le

roi

irrité contre son neveu

lui répondit que Gaheriet avait frappé son sénéchal devant lui par dédain

et

MERLIN L'ENGHANTEUR

qu'il ne saurait y avoir de bonne paix tant que Keu n'aurait pas rendu ce qu'il avait reçu.

Alors messire Gauvain cria avec colère :

- Votre barbe passera du blond au gris et du gris au blanc avant que vous ayez de moi et de mes frères ce que vous désirez ! Gomment ,

diable d'enfer , nous croyez -vous tels que vous puissiez nous humilier devant ce garçon ? Désormais nous reprenons l'hommage que nous vous avons fait , et vous rendons ce que nous tenons de vous et renonçons à votre service , et tous ceux qui nous aiment feront comme nous . Et si

vous avez désir de jouter, en compagnie de votre sénéchal, contre moi et Gaheriet , venez dans laplaine !

En l'entendant , Sagremór sauta sur ses pieds . - Attendez -moi , beau sire , dit-il à monsei gneur Gauvain . Mais , avant de partir , je veux dire à Keu devant le roi que je lui trancherai la tête si je le puis atteindre , et non tant pour ce qu'il a dit , que pour ce qu'il nous force à laisser la meilleure compagnie qui soit .

Messire Gauvain , ses trois frères et Sagremor quittèrent ainsi la salle et tous les chevaliers devinrent sombres et soucieux . Yvain et Galessin furent se concerter à une fenêtre ouvrant sur le jardin , et décidèrent de suivre leurs cousins .

Gependant Merlin venait au roi qui s'était assis à côté du roi Brangore , et il le blama durement . - Comment , diable damné , roi rassoté , vou-

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