‹ Les romans de la Table ronde nouvellement rédigésChapitre 59 sur 100 · DÉPART DE BAN ET BOHOR · texte numérisé non relu

DÉPART DE BAN ET BOHOR

Brice chanta la messe . On revint au palais , et là, après avoir entendu force ménétriers , on s'assit au manger qui fut digne des noces d'un roi . Après le repas , les chevaliers allèrent s'escrimer à la quintaine et tournoyer dans la prairie .

Ensuite on remit les tables ; puis les convives se divertirent et enjouèrent ainsi que droit était ; enfin on fut à vépres ; et, le

lit

roi bénit

chacun retourna

en

son hôtel pour dormir

Guenièvre fut couchée par trois demoiselles qui aidèrent Artus

se

dévétir

son tour

Après quoi elles sortirent

; et

ne

demeura plus dans

la

chambre que

le

roi

et la

reine qui

s'entr'aimaient fort

et

ne

finirent

le

prouver qu'au matin

qu'ils s'endormirent bouche

bouche

et

bras

bras

Durant huit jours

roi Artus mena bonne vie avec

sa

femme

Carohaise

; le

neuvième

dit

ses barons de

se

préparer

au

départ

Alors

les rois Ban

et

Bohor lui demandèrent congé

de

retourner dans leurs terres

- Beaux doux amis

le

roi

vous ferez votre volonté

mais jamais

je

ne

retrouverai

MERLIN LLENCHANTEUR

de si prud'hommes que vous êtes . Pourtant , si vous voulez me quitter, je le dois souffrir . - Beau sire , dirent -

, ils

nous faut regagner

nos royaumes

Et les deux rois s'en furent

bien dolents

de le

laisser

Merlin

qui les aimait chèrement

voulut leur faire conduite

, et

c'est ainsi qu'au soir

de

leur premier jour de voyage

ils

arrivèrent

de

compagnie devant un château

, le

plus fort

et le

mieux fait qu'ils eussent encore vu

était tout entouré

de

larges marais

et

muni

de

deux paires

de

murs bien crénelés

; le

donjon

en

si

haut qu'à peine d'un trait d'arc

en

eût-

on

pu atteindre

la

cime

, et

n'avait qu'une

seule entrée

où

l'on parvenait en suivant une longue

étroite chaussée

Celle

aboutissait

du côté

de la

terre ferme

un petit pré où

se

dressait

immense pin

lequel portait

pendu par une chaîne d'argent

l'une

de

ses basses branches

un

cor d'ivoire plus blanc que neige nouvelle

- C'est

le

château des Mares

dit Merlin

qui appartient

un chevalier preux

et

de

grand

renom

Agravadain

- Par ma foi

dit

le

roi Bohor

voilà un

homme bien logé

Je

coucherais volontiers chez lui

Et ,

saisissant

cor

souffla comme un homme

de

bonne haleine

, si

fort que malgré

la

distance

le

son courut sur l'eau

d'écho en

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