QUÊTE DE MERLIN
roi fut surpris , mais il crut qu'il avait mal compris . Pourtant , quand il vit que sept semaines avaient passé et que Merlin ne revenait pas , il se ressouvint de ces mots et il fut longtemps tout pensif et morne . A la fin messire Gauvain lui demanda ce qu'il avait .
- Beau neveu , répondit le roi , je pense que j'ai perdu Merlin et j'aimerais mieux d'avoir perdu la cité de Logres .
Sire , je vous jure par le serment que je vous
fis
jour où vous m'armâtes chevalier que
je le
chercherai
de
tout mon pouvoir durant un an
et
unjour
Et
en même temps que messire Gauvain
jurèrent ses frères
Yvain
le
grand
Sagremor
Giflet
le
fils Do
Caulas
le
roux
Placide
le
gai
Laudalis
de la
Plaigne
Aiglin des Vaux
Clealis l'orphelin
Guiret
de
Lamballe
Keheddin
le
bel
Clarot de
la
Broche
Yvain aux blanches mains
Gosenain d'Estrangore
Segurade
Forêt Périlleuse
Ladinel
et
Ladinas
de
Norgalles
Satran
de
l'Étroite Marche
Purades
Carmélide
Carmaduc
le
noir
et
quelques autres
Et
tous s'éloignèrent
de
Camaaloth
le
même jour
ils
se
séparèrent
une croix d'où partaient
divers chemins
et ,
après qu'ils
se
furent recommandés
Dieu
chacun s'en fut
son aventure
Maintenant
le
conte laisse
ce
propos
et
revient
au
chevalier nain
et à la
demoiselle
sa
mie
qui
chevauchent par monts
et
par vaux
MERLIN L'ENCHANTEUR
Un jour qu'ils traversaient une grande lande , ils virent venir à eux un chevalier monté sur un
destrier pie , qui , du plus loin qu'il les aperçut , s'écria :- Ha !
soyez la bienvenue , mademoiselle ,
ma mie ! Enfin j'ai trouvé ce que je cherche depuis toujours !
- Sire , répondit le nain tout doucement , ne soyez pas si pressé ; vous n'avez pas encore cette demoiselle en votre pouvoir .
- Je l'aime comme si je la tenais déjà , et je la tiendrai sous peu .
En voyant le chevalier approcher , le nain met lance sur feutre , disparaît derrière son écu de telle façon qu'on ne voyait plus que son œil , pique des éperons par deux trous qu'on avait faits dans sa selle, car ses courtes jambes n'en dépassaient pas les quartiers , et, criant à son adversaire de se garder , vole sur lui de toute la vitesse de son cheval .
A Dieu ne plaise que je joute contre un tel néant ! s'écrie l'orgueilleux chevalier .
Et sans même croiser sa lance , il oppose dédaigneuseınent son écu au choc. Mal lui