‹ Les romans de la Table ronde nouvellement rédigésChapitre 73 sur 100 · QUÊTE DE MERLIN · texte numérisé non relu

QUÊTE DE MERLIN

roi fut surpris , mais il crut qu'il avait mal compris . Pourtant , quand il vit que sept semaines avaient passé et que Merlin ne revenait pas , il se ressouvint de ces mots et il fut longtemps tout pensif et morne . A la fin messire Gauvain lui demanda ce qu'il avait .

- Beau neveu , répondit le roi , je pense que j'ai perdu Merlin et j'aimerais mieux d'avoir perdu la cité de Logres .

Sire , je vous jure par le serment que je vous

fis

jour où vous m'armâtes chevalier que

je le

chercherai

de

tout mon pouvoir durant un an

et

unjour

Et

en même temps que messire Gauvain

jurèrent ses frères

Yvain

le

grand

Sagremor

Giflet

le

fils Do

Caulas

le

roux

Placide

le

gai

Laudalis

de la

Plaigne

Aiglin des Vaux

Clealis l'orphelin

Guiret

de

Lamballe

Keheddin

le

bel

Clarot de

la

Broche

Yvain aux blanches mains

Gosenain d'Estrangore

Segurade

Forêt Périlleuse

Ladinel

et

Ladinas

de

Norgalles

Satran

de

l'Étroite Marche

Purades

Carmélide

Carmaduc

le

noir

et

quelques autres

Et

tous s'éloignèrent

de

Camaaloth

le

même jour

ils

se

séparèrent

une croix d'où partaient

divers chemins

et ,

après qu'ils

se

furent recommandés

Dieu

chacun s'en fut

son aventure

Maintenant

le

conte laisse

ce

propos

et

revient

au

chevalier nain

et à la

demoiselle

sa

mie

qui

chevauchent par monts

et

par vaux

MERLIN L'ENCHANTEUR

Un jour qu'ils traversaient une grande lande , ils virent venir à eux un chevalier monté sur un

destrier pie , qui , du plus loin qu'il les aperçut , s'écria :- Ha !

soyez la bienvenue , mademoiselle ,

ma mie ! Enfin j'ai trouvé ce que je cherche depuis toujours !

- Sire , répondit le nain tout doucement , ne soyez pas si pressé ; vous n'avez pas encore cette demoiselle en votre pouvoir .

- Je l'aime comme si je la tenais déjà , et je la tiendrai sous peu .

En voyant le chevalier approcher , le nain met lance sur feutre , disparaît derrière son écu de telle façon qu'on ne voyait plus que son œil , pique des éperons par deux trous qu'on avait faits dans sa selle, car ses courtes jambes n'en dépassaient pas les quartiers , et, criant à son adversaire de se garder , vole sur lui de toute la vitesse de son cheval .

A Dieu ne plaise que je joute contre un tel néant ! s'écrie l'orgueilleux chevalier .

Et sans même croiser sa lance , il oppose dédaigneuseınent son écu au choc. Mal lui

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