‹ Les romans de la Table ronde nouvellement rédigésChapitre 74 sur 100 · PROUESSE DU NAIN · texte numérisé non relu

PROUESSE DU NAIN

en prit, car le nain le heurta si rudement qu'il le jetta à bas de son cheval en lui démet-

tant l'épaule ; après quoi il

fit

passer

et

repas-

ser son destrier sur lui

de façon que

le

chevalier

tout froissé

se

pâma de douleur

Enfin

le

minuscule champion pria

la

demoiselle

de le

mettre

terre

qu'elle

fit

en le

prenant dans

ses beaux bras comme un enfant

, et

courut

au

blessé

dont

délaça

heaume en

le

menaçant

de

lui couper

le

cou s'il

ne

s'avouait vaincu

Merci

cria

blessé

- Iras

tu

te

rendre prisonnier au roi Artus

et

ui

dire de par moi que

le

petit chevalier qu'il adouba t'envoie

lui

Le chevalier

le

jura

Alors

le

nain requit

la

demoiselle de

le

hisser sur son destrier

ce

qu'elle

grand'peine

en

se

penchant sur

le

cou de

sa

mule

puis tous deux furent avertir les écuyers du blessé

et

ils

continuèrent leur route vers Estrangore

C'est ainsi que

le

roi Artus

et la

reine Gue-

nièvre virent arriver quelques jours plus tard

Carduel

en

Galles

couché dans une belle litière que portaient deux palefrois amblants

un chevalier navré

Sire

dit celui

- , je

viens me mettre

en ta

merci

plein de honte

de vergogne

pour acquitter ma foi que j'ai engagée

à la

plus ridicule créature du monde

qui m'a vaincu par ses armes

MERLIN L'ENCHANTEUR - Dites -moi donc , répondit le roi , de par qui vous vous rendez prisonnier et comment vous avez été conquis .

- Sire , j'aime la belle Bianne , fille du roi Clamadieu . Je l'eusse volontiers prise pour

femme , car je suis fils de roi et de reine ;

mais , ni par prière, ni par amour , ni par prouesse , je n'ai pu gagner son cœur . L'autre soir , je la rencontrai en compagnie du nain contrefait dont elle est l'amie, et je n'ai pas daigné croiser la lance contre lui ; mais il m'a renversé et démis l'épaule , et il ne m'a fait grâce de la vie qu'à la condition de me rendre prisonnier à vous .

- Bel ami , dit le roi, il vous a mis en

bonne et douce prison . Mais dites -moi quel

est ce chevalier nain; je vous libérerai à ce prix .- Sire , c'est le fils du roi Brangore d'Estrangore , qui est haut homme , puissant en terres et

en amis , et loyal envers Dieu .

- Certes il est prud'homme , dit Artus , et je

m'étonne que Notre Sire lui ait donné un tel héritier .

- Il y a deux ans , cet avorton était la plus

belle créature du monde ; le roi Evadean , mon père , me l'a souvent dit . Une demoiselle qu'il

ne voulait aimer l'enchanta ; je n'en sais pas plus . Et maintenant , sire , si vous me donnez congé , je m'en irai avec ma honte ,

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