‹ Les romans de la table ronde, nouvellement rédigés. Préf de Joseph BédierChapitre 61 sur 67 · s i,i-:\ 1, ii<:i;s dksknch a mi:s · texte numérisé non relu

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gens se hâtèrent de lui ôter son lieaume et de l'arroser d'eau froide, si bien fju'il reprit ses sens; puis les médeeins lui bandèrent et soignèrent ses plaies comme ils savent faire, et il souffrit tout de fjrand coura^ofe.

Cependant, la nuit était venue, et au moment même où Saraide désenchantait Lionel et Bohor bien loin de là, les deux lévriers qui en avaient la semblance reprenaient leur forme première dans le palais de Claudas, au grand ébahissement de tout le monde et du roi luimême. Lorsqu'il vit tout à coup deux chiens à la place des princes qu'on venait d'amener, Pharien sentit une telle angoisse en son cœur que pour un peu il en fi\t mort.

— Ha! sire Claudas, s'écria-t-il, vous aviez juré de me rendre les fds du roi Bolior, et vous me baillez ces lévriers!

— Ilélas! répondit le roi, ce sont les deux lévriers que la demoiselle amena devant moi tantôt, et je vois bien qu'elle a enlevé les enfants par enchantement! Beau doux ami, ne m'accusez pas : je suis prêt à me rendre votre prisonnier sur parole et à vous servir d'otage jusqu'à ce que vous ayez nouvelles croyables de Lionel et de Bohor. Mais jurez sur votre foi de me garantir jusque-là.

Pharien hésitait, car il craignait de ne pouvoir protéger le roi contre son neveu Lambègue qui le haïssait à mort, ni peut-être contre les

gens de Garnies et de Benoïc qui ne F aimaient guère, et il pensait que, s'il arrivait malheur à Glaudas après qu'il l'aurait pris sous sa garde, il en serait déshonoré à jamais. Aussi voulut-il consulter les barons avant de s'engager, et il fut sur la place leur soumettre le cas. 11 faisait nuit, mais on avait allumé tant de torches et de lanternes qu'on y voyait comme en plein jour.

— Gomment, bel oncle, s'écria Lambègue après que Pharien eut parlé, vous voulez prendre sous votre garde le traître qui a tué nos seigneurs liges et qui jadis vous a tant méfait à vous-même? Si le peuple savait ce que je sais, vous ne seriez certes pas écouté !

— Beau neveu, que tu aies si peu de raison, je n'en suis pas surpris : grand sens et grande prouesse ne font pas bon ménage, à l'âge que tu as. Toutefois, afin que tu voies un peu plus clair au miroir de sagesse, je t'enseignerai ceci : à la bataille, n'attends personne et pique des éperons le premier pour accomplir, si tu peux, un beau coup ; mais au conseil, tant que tu seras jeune, garde de faire entendre tes avis avant que tes anciens aient parlé; ces prud'hommes qui m'entourent savent mieux que toi ou est raison. Je ne vois parmi eux nul baron qui n'ait rendu à Glaudas, de bon gré ou de force, foi e.t hommage à mains jointes, et qui ne doive par conséquent garder le corps du roi et en défendre la vie comme la sienne propre. Gar

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