‹ Les Romans du Renard examinés, analysés et comparés d'après les textes manuscrits les plus anciens, les publications latines, flamanades, allemandes et françaises; précédes de renseignements généraux et accompagnés de notes et d'éclaircissements philologiques et littéraires;Chapitre 45 sur 84 · II. Plusieurs branches se lient entre elles par · texte numérisé non relu

II. Plusieurs branches se lient entre elles par

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la continuité du sujet, par lé ton et le caractère. Les branches 2, 3 et 4 se font absolument suite et forment un ensemble. Renart y triomphe dans ses tours envers le charretier aux poissons et euvers Ysengrin , qu'il fait moine et qu'il conduit pécher sur la glace. Les branches 6 et 7 se lient également, Tybeit le chat trompe d*abord Renart et puis les deux prêtres. Les bi*anches 9 et 10 forment un seul récit, c'est la rencontre de Renart avec Primant, le frère d'Ysengrin. Ce sont les seuls épisodes où figure Primaut. Son nom se retrouve , à la vérité , à la branche 23 , mais en passant seqlement. Branches 16 et 17 : Récit suivi du loup attrapé d*abord par le prêtre dans la fosse, et puis par la jument, qui lui lâche un coup de pied à la tête. Dans la branche 20, l'auteur rappelle la fin de la branche 19, et dans la branche 21 on rappelle également la branche 20; mais ces transitions ne sont que bien accessoires, et ces branches ne paraissent que très faiblement liées ensemble. Les branches 21 et 22 n'en forment guère qu'une ; elles ont beaucoup de conformité de style et de caractère, mais, sous ce rapport, elles diffèrent essentiellement de la branche 20 * .

' I^ distinction que nous faisons entre les branches qui paraissent isolées et celles qui se lient ensemble est fondée «

IIL Dans la seule branche 7, il ne figure ni renard ni loup; toutefois, comme elle s'attache à la branche 6, on ne cesse pas entièrement d'être en relation avec le renard.

Les branches 2, S, 6, 8, 15, 2S, 28, 31, ainsi que les deux branches de Pinçart et du Jeu de marelles (voy. Ghabaille), nous présentent Renart seul jouant des tours à d'autres acteurs , mais sans rapport avec Ysengrin. Les cinq premières et les deux dernières ont complètement la couleur et la simplicité de la fable. La 2S^ contient les longues discussions et les différends de Renart avec le vilain Liétart. Dans la 28^, le renard et le chat raisonnent encore longuement et se mêlent de faire les prêtres, de chanter à l'église, etc. La 31« est remplie d'obscénités, et s'écarte beaucoup de l'ingénuité de l'apologue.

Dans les seules branches 12, 14, 16 et 17 Ysengrin figure sans Renart. La 12® contient

d'après la lecture de rimprimé, sur le contenu et la nature des divers récits. Toutefois, le tableau des manuscrits fera voir qu'à Taide de grandes lettres ornées, de dessins, d'espaces en blanc, de titres et d^expiicit, les manuscrits semblent indiquer d'autres divisions et d'autres réunions, dont quelques unes sont mal fondées, quelques unes sont motivées par des variantes du texte, ou justifiées en apparence par des transitions qui diffèrent dans les divers manuscrits.

Texcellente petite fable du partage du champ entre les deux moutons. La 1 4"" est une ignoble saleté qui fait tache dans Tensembie des épisodes de Renart. Les branches 16 et 17 rapportent spirituellement les deux petites aventures dTsengrin dans la fosse aux loups et avec la jument. lY. Les dix-huit premières branches (suivant Tédition et Tarrangement de Méon) se maintiennent presque constamment sur le ton et dans le caractère de Tapologue^ de la fable proprement dite ; elles conservent à tous les animaux leur naturel , les font parler et agir selcm leurs individualités, leur font seulement jouer des rôles et des personnages conformes à leurs qualités physiques, et, pour les hommes qui figu-

rent avec eux comme acteurs dans ces petits drames, ce ne sont guère que quelques prêtres, quelques vilains, familiers à la sphère d'idées des poètes populaires, et qui conviennent à la simplicité ou à la rudesse des positions dans lesquelles ils se trouvent avec les animaux, leurs interlocuteurs ou leurs vainqueurs. Le caractère de simplicité et de naturel de ces dixhuit branches nous dispose à les regarder aussi comme primitives , comme appartenant de préférence aux premiers siècles des compositions de cette espèce, aux siècles de simplicité dans

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les mœurs et dans les idées, aux temps où le sujet n'a pas encore été épuisé, où les versificateurs et leur public n'ont pas encore été blasés sur les tours ingénieux de Renart et la naïveté de la fable.

Dans les branches 21 , 22, 23, 24, 26, 27, 28 et 31, les animaux acteurs agissent et parlent encore en grande paitie selon leur naturel, mais ces branches ne portent plus tout-à-fait Tempreinte de la fable ; ce sont plutôt des récits, des contes versifiés où les animaux des autres branches sont encore en scène, mais où le tout prend un cachet tant soit peu différent.

Les branches qui restent, savoir les 19^, 20^, 26*, 29", 30® et 32% toutes assez longues, renferment, à la vérité, des parties qui tiennent à la simple fable, et qui sont teintes d'une couleur analogue à celle qui est commune aux premières branches; mais du reste elles sont remplies d'allusions à la chevalerie et à la féodalité, et retracent les mœurs, les usages et le langage de la chevalerie. Les animaux s'y rassemblent à la cour du roi Noble le lion, tiennent conseil, se divertissent,, font le siège du château-fort de Maupertuis, montent constamment à cheval, s'arment à l'instar des chevaliers, parlent tous le même langage, agissent de la môme manière.

s'agitent, se battent et triomphent sans aucun égard à leur grandeur, à leurs forces, à leur naturel, à leurs qualités morales et physiques. Ces branches ne laissent pas d'être curieuses, poétiques, spirituelles et plaisantes en maint et maint endroit ; mais elles ne ressemblent plus aux premières, elles forment des poèmes d'un autre style , on dirait presque d'un genre différent.

Il ne sera pas hors de propos de faire remarquer encore ici que dans tout le poëme de Renart, à Pexception de la fable de la jument et du loup, le cheval ne figure guère comme un personnage, un acteur du drame, et qu'en particulier, dans les branches dont nous venons de parler, le cheval ne parait presque exclusivement que pour servir de monture aux autres animaux, et par conséquent sans jouer aucun rôle individuel ni important dans le récit. On reconnaît par là d'autant plus à quel point les idées et les mœurs de la féodalité ont préoccupé les auteurs et donné le ton à ces dernières branches chevaleresques.

V. Comme il est incontestable que les diverses branches du Roman de Renan sont l'ouvrage de divers auteurs sans que Ton soit en état de nommer Tauteur de chacune; de même elles sont

dues à différentes époques sans que l'on soit capable de constater exactement la date de chacune, et elles appartiennent originairement à diverses provinces sans que Ton ait des moyens suffisants pour les désigner toutes.

La branche 3 peut avoir été composée dans la Beauce. Renart y dit être entré dans Tordre de Tiron. Tiron, en Beauce, est un village où il y eut une abbaye de bénédictins fondée au commencement du douzième siècle. Les branches 5 et 19, à en juger d'après la composition du nom du vilain Gostant Desnoes, ont dû avoir été écrites dans la Ghaiûpagne. Si Pierre de Saint-Glost a vécu dans l'endroit dont il a emprunté le nom, la 11« branche doit appartenir à Saint-Cloud non loin de Paris. La 2B® branche est l'œuvre d'un prêtre de la Croiz en Brie. La Groix est une petite ville dans la Brie, province située entre la Ghampagne et l'Isle de France. Il y est fait mention du fameux Thibaud, comte de Ghampagne et de Brie pendant la première moitié du treizième siècle. Dans la 26' branche, le chien Roonel va chercher Renart à Théi^oane ou ïérouane> dans l'Artois, et Renart finit par y être reconduit. Renart fait attaquer Roonel dans une vigne, par conséquent dans un pays où il y en a. Richart de Lison, auteur de la âS*" branche.

est Normand, et sou ouvrage contient taut d'allusions et de noms appartenant à la Normandie que Ton ne saurait douter que ce ne soit dans ce pays qu'il a été écrit. Dans la 29^ , la scène se passe en partie dans un château construit au haut d'une roche, sur une rivière qui porte des vaisseaux jusqu'à la mer et entouré de vignes. On y boit des vins d'Anjou, de La Rochelle, du Poitou, d'Auxerre et d'Orléans, etc., ce qui nous fait songer à la Touraine, à la Loire, etc. L'Isle de France sert encore de théâtre aux aventures de la 31* branche ; elles ont lieu sur l'Oise, aux environs de Compiègne, etc. Malpertuis, mauvais trou, le fameux château-fort de Renart, n'est autre, selon toute apparence, que Maupertuis, dans la Brie, département de Seine-et- Marne. Ces indications géographiques, on le voit, placent tous les événements, tous les personnages du Roman de Renart dans le nord de la France, surtout du côté de la Flandre.

Il n'est guère douteux qu'il n'y ait eu des branches perdues entièrement, et dont l'existence ne nous est révélée que par les allusions qui se trouvent dans ce que nous connaissons ; il n'est guère douteux non plus que plusieurs des branches ou des parties de quelques unes des branches du Roman de Renart ne soient que

des reproductions, des réminiscences de compositions analogues antérieures, négligées et perdues dès qu'elles ont été remplacées par les versions plus récentes. Quoique nous soyons dans rimpossibilité de préciser exactement la date de cune des branches, quelques indices nous font cependant regarder les unes comme plus anciennes que les autres, et certes il y en a un bon nombre qui remontent au douzième siècle ^

Les dix-huit branches que Méon, dans son édition du Roman de Renart, a placées les premières, ainsi que la branche de Tandouille jouée à la marelle, nous ont paru garder particulièrement le caractère et la simplicité de Tapologue proprement dit, le naturel des animaux, les mœurs et le vrai langage du genre, et cela nous les a fait distinguer du reste. Des considérations pareilles, jointes à d'autres motifs encore, font regarder ces mêmes branches comme plus an-

* Conférez : Le Grand d'Aussy, aux Notices et Extraits des manuscrits de la Bibliothèque nationale^ Y, 294; Raynouard, au Journal des Savants , juin 1826 ; Grimm , au Reinïuirl Fuchs, p. GXGv, GG et suivantes, au Sendschreiben an Lack» manny p. 6; J. F. Willem, au Reinaert de Vos: a La première partie de Reinaert a dû être faite originairement avant la composition de Pierre de Saint-Cloud et autres, mais elle a été précédée par des compositions plus anciennes en français. D

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demies que la plupart des autres, dans la forme sous laquelle nous possédons aujourd'hui cellesci. Branche 1 : le renvoi au livre intitulé Jucupre, et toute la fiction du début me font dater celui-ci du commencement du treizième siècle, ou tout au plus de la seconde moitié du douzième ; le reste de cette branche est dû à la même époque et à la même main, mais il a sans doute été écrit sur des traditions déjà répandues auparavant, et prouve par là l'existence de quelque branche antérieure. Branches 2-10 ; rien n'empêche qu'elles ne soient du douzième siècle, et même composées sur des modèles plus anciens, d'après des relations connues antérieurement. La mention qui s'y trouve assez fréquemment des femmes des prêtres, quoiqu'elle ne soit pas une preuve irrécusable d'antiquité, témoigne cependant en faveur de l'opinion qui fait rapporter ces branches à un siècle où le célibat des prêtres était encore bien loin d'être admis généralement. La 4« branche se termine par ces mots (v. 1265) : Iciprent cesie branche fin. Mes encore i a d'isengrin , preuve que lors de la composition de cette 4* branche d'autres versions sur Renart ont été courantes et communes. La branche 11, ayant Pierre de Saint-Cloud pour auteur, ne saurait être postérieure à la première partie du trei-

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zième siècle. Quant à la branche 12, le partage du champ entre les deux moutons qui se ruent sur Ysengrin, sa brièveté et sa naïve simplicité la font regarder comme ancienne. La branche 1 3 parait également si simple et si ingénue , que Ton n'hésitera guère à la croire antique. La branche 14 porte de même l'empreinte d'une époque reculée, bien qu'elle soit fort inférieure aux autres et qu'elle fasse disparate par sa platitude. La branche 1 5 est le sujet antique du renard qui déçoit le corbeau, et conserve le caractère qui lui est propre.' Les branches 16 et 17, où Ton voit Ysengrin d'abord avec le prêtre Martin, et puis avec la jument, sont courtes et vieilles de forme et de style. Branche 18 : couleur d'ancienneté , réminiscences d'aventures connues et par conséquent antérieures ; à part, en ce qu'elle donne la rencontre d' Ysengrin et de Renart, comme au début du Reinardus, et fait figurer le grillon Frobert, qui ne parait dans aucune des branches ni des autres poèmes dont il a été question. La 27* branche, quoique l'auteur .y suppose connus les différends et les relations entre Renart, Ysengrin, Hersent, etc., sera rangée au nombre des branches anciennes , à cause de la tournure du récit, de tout le caractère de son début, de l'irrégularité du style, etc. La 30» branche sem-

ble noa moins ancienne , à en juger d'après le caractère et le ton de toute la narration.

YL En rapprochant les trois ouvrages de Reinardus^ de Renart et de Reineke^ on aperçoit, comme nous l'avons déjà fait observer, qu'il y a dans chacun des récits qui ne se retrouvent point dans les deux autres.

Reinardus en a trois à lui, savoir : livre IV, fable 1 , où Ysengrin, au lieu d'obtenir vengeance et salaire, est impitoyablement maltraité par le bélier Joseph ; fable 3 ^ où Ysengrin réclame la peau de l'âne Carcophas, jure qu'elle lui est due, est pris dans un piège et obligé de se couper lui-même la patte à l'aide de ses dents ; fable 4, où Ysengrin rencontre Salaura et toute l'engeance des porcs qui le mettent à mort.

Voici ce qui appartient en propre à Reineke : livre I, chap, 22-38, les longs mensonges de Reineke sur la prétendue conjuration contre Noble, et le trésor du roi Emery ; le pèlerinage commencé par Renart et sa trahison envers Lampe et Rellyn; livre III, chap. 4, le jugement entre l'homme et le serpent; chap. 6-11 , la description mensongère des joyaux de Renart, tels que la bague, le peigne, le miroir; livre [V, chap. 3, l'aventure de Renart et d'Ysengrin avec la famille des marmots ou sagouins ; chap. 8, l'expédient

par lequel Renart l'emporte sur Ysengrin dans le combat singulier, et toute Tissue du difTérena entre Renart et Ysengrin.

Enfin, l'examen du Roman de Renart nous apprend qu'il n'y a absolument aucune de ses branches qui ait l'air d'être complètement imitée ni minutieusement ni servilement calquée sur une partie des autres versions anciennes» telles qu^Isengrimus, Reinardus^ Reinfiqrty Reinaert et d'autres ; qu'il y a des branches uniquement et particulièrement françaises, soit en entier, soit en partie, et qu'il y en a quelques unes dont les sujets sont conmiuns entre Renart et Reinardus ou Reineke. Partout les détails, le ton, la conception et l'exécution diffèrent essentiellement de Reinardus et de Reineke, et donnent à toutes les branches du Roman de Renart l'empreinte d'une composition originale et nationale.

Les branches 1, 9, 10, U, 15, 16, 21, 22, 25, 27, 28, 29, 30, 31, 32, ainsi que celles de Pinçart et du Jeu de marelle, sont entièrement et exclusivement au Roman de Renari ; toutefois, dans plusieurs, on trouve rappelées, comme pour mémoire, les aventures d'autres branches ou d'autres versions.

Dans les branches 18, 20 et 24, il y a des parties considérables qui appartiennent exclusi-

vement au français. Dans la branche 18, c'est tout le personnage du grillon Frobert, son rôle de clerc chantant, de confesseur, et son aventure. Les branches 20 et 24, malgré leurs analogies avec les récits de Reineke^ s'en écartent sensiblement, et dans la seconde moitié de chacune elles sont exclusivement françaises et diffèrent complètement.

Le partage du champ entre les moutons se lit dans le Renart comme dans le Reinardus^ mais dans la douzième branche du français il est beaucoup plus court et plus simple. Le long récit de Renart et d'Ysengrin au puits, dans la branche 13, n'est point du tout dans le Reinarduiy et dans le Reineke il ne se trouve que brièvement et pour mémoire comme une réminiscence du ReinharU La branche 19 aussi ressemble en quelques points au Reinhart et au Reineke, mais le français en est cependant différent , et il est beaucoup plus développé, plus compliqué. La 26' branche encore, celle du renard médecin du roi, se rencontre pour le sujet et les aventures avec ridée fondamentale de Reinardus et de Reineke; mais ce sujet y est traité d'une manière toute différente quant à l'exposition, aux personnages, à toute l'exécution et aux mœurs en général.

YII. Le résumé du Roman de Renart nous montre suffisamment que toutes les l)ranches ne tiennent pas ensemble, et que le petit nombre de celles qui sont unies les unes aux autres ne le sont même que faiblement, et plutôt accidentellement qu'organiquement. Certaines branches répètent ce qui a été dit en d'autres, et n'en forment souvent même que des variantes plus ou moins ressemblantes; plusieurs se contredisent en quelque sorte en donnant des motifs ou des dénouements différents aux aventures analogues , en faisant vivre et reparaître les animaux qui ont déjà péri ailleurs, etc. Quelques unes commencent à la manière de poèmes tout indépendants, d'autres se terminent en indiquant que c'est la fin du roman ou des aventures de Renart.

Après tout ce qui précède, on voudra de nouveau se demander si les branches du Roman de Renart se suivent en quelque ordre naturel, poétique, chronologique, raisonnable et nécessaire ; s'il y a moyen de les ranger de telle manière que l'action ait une marche, un développement suivi , une catastrophe, et qu'elle fasse corps ; si les branches éparses ou réunies sur le sujet de Renart et des autres animaux, et qui sont

publiées aujourd'hui sous le titre de Roman de Renan, pourraient jamais faire un tout, un ensemble, un poème entier avec unité, avec exposition, développement et catastrophe uniques. Certes, il faut répondre hardiment que non* Dans les manuscrits du moyen-àge et dans l'édition imprimée de Méon, la plupart des fables et aventures dont nous avons offert le résumé ci-dessus se trouvent néanmoins rassemblées comme formant un seul corps d'ouvrage ou s'y rattachant du moins , et ces recueils ou rapsodies, comme nous nous sommes permis de les appeler, sont tous désignés par le titre commun de Roman de Renan. Quelques notions sur les manuscrits ne seront pas sans intérêt. Ces manuscrits diffèrent assez en ce qu'ils ne contiennent pas tous les mêmes branches ni le même nombre de branches, qu'ils offrent des vaiîantes, non seulement pour des mots et pour quelques vers, mais des variantes très nombreuses et très étendues, 'même pour les sujets, les narrations et toute la contextureS et qu'ils classent les branches dans un ordre tout-à-fait différent. On aura lieu de se convaincre de toute la difficulté

* Pour ces variantes, on ne pourra mieux faire que de renvoyer à Fouvrage de M. Chabaille, formant le complément nécessaire de rédition de Méon.

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qu'il y aurait à fixer les dates et à désigner les auteurs des brauches et à les ranger selon Tancienneté ou les matières, et combien ce serait une tentative pénible, ou peut-être même vaine, inutile, que d'essayer d'y établir une suite, un ordre préférable à celui de Méon, ou bien meilleur que le sien en général, tout étant pris en considération.

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