‹ Les Romans du Renard examinés, analysés et comparés d'après les textes manuscrits les plus anciens, les publications latines, flamanades, allemandes et françaises; précédes de renseignements généraux et accompagnés de notes et d'éclaircissements philologiques et littéraires;Chapitre 46 sur 84 · MANUSCRITS DE ROMAN DE RENART · texte numérisé non relu

MANUSCRITS DE ROMAN DE RENART

En 1826, lorsque le Roman de Renart a été publié pour la première fois, Méon n'^ pas eu besoin de puiser ses trente-deux branches dans autant de manuscrits ou de lieux divers. Ce n*est qu'exceptionnellement qu*il en existe aujourd'hui quelques unes en des manuscrits . ou endroits à part. Des copistes du quatorzième siècle ont ramassé et transcrit en un seul manuscrit le plus qu'ils ont pu de compositions versifiées sur le renard et le loup ; ils les ont réunies, en grande partie, sans ordre ni méthode ; ils en ont formé un seul volume, mais sans être capables d'en composer un ouvrage avec unité et ensemble, sans ranger les branches delà même manière, sans se copier rigoureuse-

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ment, souvent sans conserver les mêmes matières ensemble dans les mêmes branches. Il ne faut pas s^imaginer non plus que dans les manuscrits, les branches soient partout nettement indiquées et séparées par des titres, comme dans Tédition imprimée. Souvent le passage d'une branche à une autre n'est presque point marqué du tout, surtout dans les endroits où plusieurs des branches de Méon ont Tair d'être réunies en une seule. Les titres et rubriques ne se trouvent ni partout, ni régulièrement, ni um'formément. Les divisions et séparations que les copistes et rédacteurs ont adoptées sont généralement marquées à l'aide de figures et de grandes lettres initiales coloriées^ de quelques mots tracés avec de l'encre rcHige, d'un espace en blanc, d'un titre ou d'un explicit de la branche précédente. A ces volumineuses rapsodies les copistes ont attribué le titre général de Roman de Renart^ qui jusque là avait été appliqué à plusieurs des branches en particulier, ainsi que quelques vers et des explicit à la fin de plusieurs des branches le prouvent encore. Aucun de ces manuscrits ne contient absolument toutes les trente-deux branches que Méon a insérées dans son édition, eU"* core moins le petit nombre que l'on pourrait trouver et ajouter pai* la suite (cfr. Chabaille);

chacun en renferme cependant la plus gi*ande partie, de façon qu'ils varient de 20 à 28000 vers environ. Les manuscrits que nous connaissons et sur lesquels nous avons fait notre travail, paraissent avoir été exécutés au quatorzième siècle, et ne remontent guère au-delà. Si Ton avait des manuscrits à part, originaux, d'ancienneté évidemment différente, le caractère, récriture et d'autres qualités matérielles pourraient faire juger de l'origine ou de la date plus ou moins reculée de chaque branche; mais comme il ne nous reste que des copies réunies et d'une même écriture, faites après coup et même assez tard, leurs qualités matérielles ne sauraient nous aider en rien à démêler l'origine et l'âge d'aucune des branches du recueil entier, ni l'ordre dans lequel elles devraient se suivre le plus naturellement. Pour les ranger, il ne nous reste en conséquence d'autre moyen que ce que nous serons capable de déduire du contenu, du langage et d'autres qualités intrinsèques. Par tout ce qui précède, il doit donc être suffisamment démontré que ce serait peine perdue que de prétendre classer, fondre et rattacher ensemble, de manière à en former un seul poëme régulier, toutes les branches coimues et renfermées dans les volumineux manuscrits du quatorzième siè-

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cle. Sans doute il y a des objections raisonnables et des observations critiques fondées à faire, il y a des corrections plausibles à proposer sur Tarrangement préféré par Méon comme sur celui de Le Grand d' Aussy ; mais, tout bien considéré, on ne fera guère mieux, on ne parviendra guère à former un ensemble de toutes ces pièces faites isolément et sans intention d'en composer un tout^ d'y mettre de Tunité.

Nous possédons au moins huit manuscrits du Roman de Renart proprement dit et tant soit peu complets. Le manuscrit 1699 est au Vatican. D'après le traité de Tolentino de 1795, il passa à la Bibliothèque nationale àParis. Alors Le Grand d'Aussy a pu Vy consulter, et il en a donné quelques extraits \ Les sept autres se trouvent à Paris, savoir : 7607, 7607-B, 1980, 98-14 et 68 à la Bibliothèque Royale, 195 B et 195 G à la Bibliothèque de l'Arsenal ^.

M. Chabaille ^ a donné une table fort curieuse

* Notices et Extraits des manuscrits^ L V, p. 3i/ii. Paris, an t.

* Pour les six derniers, je les ai examinés. Le n° 7607, sur lequel il parait que Le Grand d'Âussy et Méon ont principalement travaillé, a été prêté et absent de la bibliothèque tant que j^aurais été à même d'en profiter, ce qui est pour moi le sujet d*un Tif regret.

' Supplément au Roman de Renart, p. 397..

qui, en suivant rarrangement de Méon, indique la place de chaque branche dans les divers manuscrits où elle se trouve. À Taide de cette table et d'après un examen assez détaillé des manuscrits de Paris, nous allons composer un tableau qui montrera combien il y a de branches dans chaque manuscrit, quelles elles sont et Tordre dans lequel elles se suivent.

I. Manwcrit n9 7607, Ce volume a fait partie des manuscrits de Charles IX; vélin, in-4% 159 feuillets à 4 colonnes.

fol. mI. au fal. «oL krascik* «t t«m mIcb l'idit. de lUoa.

1 r. I 4 ▼. I 1, C'est la branche de Renart et d'Ysen-

grin com il issirent de la mer. ( V.

4 Y. 1 6 Y. 1 S, Si ooume Renart maDja le poisson ans

charretiers. (V. 749-916; 168 v.)

6 y. 1 7 Y. 2 3, Si coome Renart fist Ysengrin moine.

7 Y. 2 8 Y. 2 4, Si coume Renart fist peschier k Ysen- ,

grin lesanguiles. (V.1131-1266; 136 Y.)

8 Y. 2 11 Y. 1 5, Si coume Renart prist Ghantecler le

COC. (V. 1267-1720; 454 Y.) 11 Y. 1 * 15 r. 1 6, C*est le desputement de la Mésange

aYec Renart. (V. 1721-2502; 782 y.) 15 r. 1 17 r. 1 8, Si conme Renart coupa k T^bert la

queue. (V. 2661-2994; 334 Y.)

* Ne commence qu^au Yers 1929 de Méon ; sans titre ; fait suite immédiatement à la branche 5. Manque donc ici tout-àfait la rencontre avec la mésange, et le texte passe immédiate-^ ment à celle du chat Tybert.

fel. «ol. «u bl. col. brasch* d Tcrt mIob l'édii. d« Méoa.

17 r. 1 21 r. 2 9, Si coume Renart fist Primant le frère

Ysengrin prestre.(V. 2995-3684; 690?,) 21 y. 1 28 r. 1 10, Si conme Renart et Primaut Tendirent

les vestemens au prestre porun oy-

son. (V. 3685-4850; 1166 Y.) 28 r. 1 36 Y. 2 19, Si eonme Ysengrin s'ala plaindre de

Renart à la Cort le Roi. (V. 8221-9648;

1428 Y.) 50 Y. 1 20, Si coame Renart conchia Brun 11 Ours

du miel. (V. 9649-11958; 2510 Y.) 53 r. 1 21, C'est ci conme Renart fu tainturier.

56 Y. 2 22, Si çonme Renart fu jugléeur. (V. 12509- , 12986; 478 Y.)

66 r. 2 11, C'est de Renart et d*Ysengrin et dou Lion com il départirent la proie. (Y.

67 r. 2 7, C'est de Tybert le chat et des deux prestres. (V. 2503-2660; 158 Y.)

68 r. 1 12, Si conme Ysengrin parti la terre aus

deux moutons. (V. 6361-6454 ; 94 y.)

69 r. 1 14, De rOurs et du Lou et du Vilains qui

mostrèrent lor eus. (V. 7027-7186;

70 r. 1 15, Du Renart si coume il conchia le corbel du fromage. (Y. 7187-7382; 196 y.)

71 r. 1 16. C'est de prestre Martin et du Ion Ysengrin. (V. 7385-7520; 138 Y.)

> 2 17, C'est de la jument et de Ysengrin. (V. 7521-7610; 90 Y.)

72 Y. 2' 6, Dialogue entre la Mésange et Renart

qui Yeut lui persuader de descendre de l'arbre.

' Ce n^est point ici une répétition du feuillet il, c*est l*a- Yenture qui parait y manquer, mais qui, chez Méon» forme la première partie, les 207 premiers Yers (y. 1721-1928) de la 6* braache.

fol. col. «a fol. col. braackt «i ver* wlon l'Mîl. d« Mr<m.

7t2 V. 2 76 V. 2 18, C'est li songe Renart si conme Ysengrin

le bâti. (V. 7611-«»0; 610 y.)

76 V. 2 80 r. 2 13, Si conme Renart fist avaler Ysengrin

dedenz le puis. (Y. 6455-7026; 572 y.)

80 r. 2 85 ▼. 1 31, Si conme Renart voit mengier son confesser. (Y. 27783-28664; 882 y.)

85 T. 2 88 ▼. 1 83, Ci coumence le Pèlerinage Renart, si

con il ala k Rome. (V. 12987-13464; 478 Y.)

88 V. 1 100 r. 2 24. C'est la baUille de Renart et d*Ysen-

grin. (Y. 13465-15308; 1844 v.)

100 r. 2 104 V. 2 27, C'est la branche corne Renart parfist

le C... (Y. 19769-20490; 722 Y.)

104 Y. 2 119 Y. 1 25, C'est de l'Ours et de Renart et dou Yi-

lain LiéUrt. (Y. 15309-17870; 2562 y.)

119 Y. 1 131 r. 2 26, C'est la branche de Renart si oome il

fù mires. (Y. 17871-19768; 1898 y.)

131 Y. 1 152 Y. 2 30, C'est la branche de Renart com il fu

empereres. (Y. 24345-27782; 3438 y.)

152 Y. 2 159 Y. 2E.32, LamortRenart.(Y.28665-30362;l698Y.)

Ce manuscrit 7607 manque donc des branches 28 et 29 de Tédition de Méon, savoir: branche 28, Gomment Renart et Tiberz li chaz chantèrent vespres et matines (ou autrement, au manuscrit 195 C, Si coume Renart ala en proie], par Richart de Lison (v. 20491-21976; 1486 v.)> et branche 29, Gonment Renart se muça es piau& (y. 21977-24344; 2368 V.).

II. Manuscrit 7607-5 . Ancien fonds, véliu, iii-4% 145 feuillets à 4 colonnes. Premier feuillet déchiré. Manuscrit assez défectueux, difficile

à examiner, embrouillé pour quelques uns des récits. Point de titre du tout en tête des branches, ni séparation de toutes les branches de rimprimé de Méon, mais division en douze parties, marquée au moyen de grandes lettres majuscules initiales. Figures et dessins coloriés ou dorés aux feuillets 20, 35, 48, 56, 65, 76, 85, 93, 100, 114 et 124. Terminé au feuillet 145 recto, 1, par un Explicit de Renan.

fol.

col.

»B fol.

col

bcABohc de l'imprima de Méoa.

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