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La chèvre Bertiliana va entreprendre, comme à l'ordinaire, un pèlerinage à Rome ; elle s'adjoint ses amis Réaride, le cerf; Berfrid, le bouc; Joseph, le bélier ; Garcophas, l'âne ; Renart, Gérard, Foie; et Sprotin, le coq :
V. 65. Gerrus, ego et Terrex, gallus, caper, anser, asellus, SumsiiDus ejusdem vota gerenda vlae.
L'auteur, suivant encore son modèle, fait ici une amplification de la seconde partie de l'Isengrimus. Nous avons fait observer au commencement que le poète entre en matière de manière à faire supposer qu'Isengrim et Renart sont des personnages fort bien connus d'avance par les lecteurs. Il y a lieu ici de faire la même remarque ; car bien que les aventures que l'on va lire soient censées antérieures à celles qui précèdent, Iseugrim et Renart paraissent pourtant ici comme d'anciennes connaissances du public.
Pendant le voyage, un vieux loup vient demander à se joindre aux pélerini^ ; on l'en détourne en lui ofTi'ant à manger la tète coupée d'un loup pendu, et en faisant semblant d'en
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avoir à fbison ; il se retire, pour revenir avec d'autres loups. En attendant, les pèlerins ont grimpé sur le toit de la maison (v. 765-770) ; à l'arrivée des ennemis, Tàne, resté seul à manger du foin, veut s'y réfugier également, mais il retombe à la renverse et écrase deux des assaillants; les compagnons de l'âne font tout le vacarme dont' ils sont capables, et effraient tellement les loups que ceux-ci s'enfuient. Aussitôt qu'il fait jour, l'oie et le coq admirent la victoire due à l'adresse du renard, mais ils en conçoivent en même temps des craintes pour leur propre sûreté, et se décident à retomber chez eux (v. 811). Renart ayant vainement employé son éloquence pour les retenir, les poursuit, attdnt le coq dans une grange, s'entretient longuement avec lui sur ses aïeux, flatte sa vanité, finit par le faire chanter les yeux fermés, le saisit aus» sitôt et l'emporte. Des paysans s'en aperçoivent cependant et crient au voleur.
V. 991. Aspice, quid portet Reioardus, prende, relinques, Qao ouoc far? Quo sic? Preodite, curre, feri!
Sproten en profite pour faire sentir vivement à Renart l'injure faite à sa noblesse pai* le titre outrageant que lui donnent les paysans ; l'orgueil blessé de Renart lui fait déposer le coq pour
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haranguer les paysans; le captif s'envole aussitôt, se perche sur une branche, et raille le renard, qui tente vainement de le rattraper (v. 1045). Renart maudit son imprudence, sa noblesse et jusqu'à ses propres dents; il discourt longuement pour tâcher de faire accroire au coq que la paix est faite et jurée entre tous les aqimaux ; mais Sprotin reste incrédule et se débarrasse enfin de Renart en l'avertissant qu'il voit arriver des chasseurs et des chiens. Il est assea curieux d'entendre le coq finir par appeler dédaigneusement Renart en duel et lui reprocher l'injure faite à sa noblesse (v. 1337-1846). Errant dans le bois , Renart rencontre un cuisinier dont il a plusieurs fois sauvé les mou* tons du loup; le cuisinier lui donne quelques pâtés gras. Renart on mange une partie, mais il en réserve huit et prie le cuisinier de lui faire une tonsure :