V. 1336. Povres et nus et saintement
Ausi corne font maint pardome,
désigne le léopard pour lui succéder. Renart objecte qu'il faut en nommer un autre où le génie
prédomine et non pas la force ; et en faisant semblant de n'avoir jamais vu Renart, il en amène adroitement le plus grand éloge. Afin qu'on prie pour qu'il soit fait un bon choix, Renart fournit pour texte un éloge de la pauvreté comme unique voie et pont de salut (v. 1484)*. Ensuite tous demandent au faux prieur de leur nommer un seigneur; il s'y refuse en leur proposant de tenir parlement eux-mêmes pour en désigner un. On adopte son avis. Noble attendrit tout le monde par sa touchante résignation à la mort. Renart prend congé (v. 1650), et Noble le prie instamment de revenir vers l'Ascension pour assister à Télection ; il le promet et se retire auprès des Mineurs (Franciscains) et des Jacobins (Dominicains) sans avoir été reconnu ni s'être démasqué. L'auteur ajoute :
V. 1668. Si me veil ore à tant taire De Renars ici orendroit.
A Isengrin revient or droit
* A ce sujet Renart parle beaucoup de nates, probablement nattes, comme emblème de la pauvreté des ordres mendiants. Les Frandscalns, frères Mineurs, et les Dominicains, Jacobins, couchaient sur des nattes. Un fameux chapitre des Franciscains, tenu en 1219, et où il y en eut 5,000 d'assemblés , fut appelé Chapitre des Nattes.
312 KENART.
Li. Contes qui ne faut ne ment, Si vos dira asés briément Cornent il depuis esploila Qu'en la lande Renart laissa.
L'auteur veut donc revenir à Ysengrin. A cette occasion il fait une espèce de nouvelle introduction, de telle sorte qu'il y a tout lieu de regarder ceci comme le commencement d'une branche. ^
V. 1675. Honourdoinst Dius k cui m'apui Tant que venir peuisse au Pui Où on coronne les biaus dis; Mais ne sai où, car tous mesdis Est coronés en Cort de Roi, £t je pour çou à ce m*apoi Que pour itant que coroné Sont li mesdit, encore né Ne sont pas cil qui ont corone A ciaus donnée cui jou done Honor et pris, sens et louenge.
Puisque la médisance est couronnée auprès du roi, l'auteur se demande si ceux-là sont morts à qui il accorde son estime. Il faut le penser^ sinon Renart n'aurait pas de couronne, au lieu que son art est employé à lui en faire obtenir une qui ne se perdra pas, mais qui est plutôt affermie par les plus preux qui soient au royaume Despuis le bon Conte Guillaume. Puis