‹ Les Romans du Renard examinés, analysés et comparésChapitre 56 sur 84 · V. 1698. Si m*entendés ore cornent Ma matere veil atraper · texte numérisé non relu

V. 1698. Si m*entendés ore cornent Ma matere veil atraper

£nsi com m'oïstes conter Des remprosnes Dant Iseugrin £t de Renars le sien voisin, Qui onques pais n*orent ensambie, Si vos dirai, si com moi samble, Com Isengrin se départi, Mainte contrée puis vierti Par delà m^r et par deçà.

Que vos diroie? Il asambla Tous les barons qui Prince, furent Des biestes qui quatre pies urent, De cascune manière. Conte Ou Duch ou Prince mis ou conte £n romanch ou en droit latin, Pour çou que toutes ne destin  roumancbier, car ne ponoie Se toutes les or vos nomoie

Ysengrin va donc mander tous les grands barons parmi les animaux quadrupèdes. L'auteur se met en devoir de les énumérer longuement (v. 1720-1825) par ordre alphabétique, moitié en roman, moitié en latin, les noms surtout en latin; il y ajoute quelques mots sur l'animal ou son pays, et remplit ainsi le vers. Il y a également des animaux véritables et des animaux fabuleux, tels que Pégase, Tragelaphus (moitié cerf, moi-

tié bouc), etc. Les noms sont en partie corrects, en partie tronqués, défigurés ou romanisés arbitrairement, ce qui les rend, pour la plupart, presque inintelligibles I. Tous paraissent à Maire' pair devant le roi, faible et malade; le saluent et témoignent leur compassion. Le lion se plaint d'être forcé de mourir et de les abandonner à la Pentecôte ; il les exhorte à prendre un autre roi qui puisse les défendre et maintenir la paix entre eux. Arrive Dame lerme , feme Renan (v. 1882), tenant entre ses bras son jeune fils fienardiel ; elle annonce que Renart a affublé un habit court, car pour ceux qui doivent mourir il est

* Par exemple :

y. 1720. À TAsDe primes me doi traire,

Car c'est commencemens par A,

Aper, aloy, anabula,

Alcbes, ana et abuné,

Cil furent primes asamblé...

1749. Furunculus et felena

Furious aveus amena.

Fêles finge grant gent avoient,

Glis et gali les conduisoient,

Geneta» guesses n'i faillirent..- 17G6. Lncius qui bome ne doute

Menoit o lui leucroceca.

Uns ricbes Cuens dans Locusta.

181 ft. Tragelapbus qui bien sa part

Tenoit aveucb trogodiiré,

Talpa sour le destrier monté

Veuoit aveucb unicornis,

Ursus vesoutés et urnis

Demandoient moult Dani Renart

RENART. 3 f ;>

dangereux de s'en revenir dans le siècle. II ne vient donc pas, mais il envoie son fils pour que le roi en dispose. Ysengrin se met à accuser Renart de mauvaise volonté ; le roi se fâche de ce qu'il veut chercher querelle à dame lerme devant lui, et lui ordonne de nouveau d'aller quérir Renart. Ysengrm s'y refuse (v. 1991). Le roi demande au léopard et au tigre d'en tirer vengeance, mais aucun ne veut s'en mêler. EnQn, Vlreçons^ le hérisson, se présente et écorche le museau à Ysengrin à l'aide de ses épines, et le Moutons vient lui appliquer un coup de tête à la poitrine, tel qu'il tombe à la renverse demi-mort (v. 2077). Alors les autres blâment Ysengrin d'avoir désobéi. Sur leur exhortation et celle de Dame Hierme, il va aussitôt à Saint-Ferri chercher Renart chez les Jacobins et le mander à Malrepair, où la cour l'attend. Renart convient avec le prieur de dire qu'il n'a été que cinq jours et demi dans les ordres, afin qu'on ne découvre pas que c'est lui qui est venu déjà une fois auprès de Noble. Ils arrivent ensemble, et le prieur dit que Renart a été pendant les cinq jours et demi absorbé en prières pour le roi. Renart ajoute qu'il a pris l'habit, etc., parce qu'il ne saurait supporter de voir mourir le roi. Celui-ci propose le fidèle hérisson pour héritier, mais sur l'objec-

Si6 RENART.

tion de Renart, il se borne à demander que Renart et le prieur aillent sur-le-champ arranger raflaire (v. 2230) '.

Renart exhorte les autres à se conformer au commandement du roi. En reconnaissance de la fidélité du hérisson et du mouton envers le roi, on veut que ces deux personnages désignent son successeur, mais sans pouvoir se faire couronner eux-mêmes. Moutons propose la chèvre; Ireçons se récrie, vote pour Renaît et l'emporte. Ils vont annoncer ce résultat à Noble et aux autres (v. 2400).

Étant tombé d'accord, on s'aclresse au prieur. Il accepte en faveur de son frère Renart, fait un petit sermon en l'honneur de celui-ci , et lui remet la couronne. Selon lui, Renart l'a gagnée pour s'être abstenu de toutes les brouilleries et

* Il parait qu'ici, comme au vers 1675, l'auteur a voulu établir un repos et une troisième branche. Voici les vers qui suivent et qui portent à le croire :

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