‹ Les Romans du Renard examinés, analysés et comparésChapitre 57 sur 84 · V. t231. Ce fu droit à l'Asencion · texte numérisé non relu

V. t231. Ce fu droit à l'Asencion

QuMl a voit grant distencion A Malrepair ent el Paies :

Moult i a de bons, de malvèt, Qui chascun voroil apeser.

Uenart qui miu savoil parler.

Vint droit au Roi et li a dit :

Sire, à moi un tout seul petit Entendes

HENART. 317

de ringratitude des autres, et pour avoir la sagesse de ne jamais rien entreprendre sans le mettre à fin.

V. 2529. Mais Renart, si corn dit avoDs, Qui en la Court n'eut ses talons Quant li despis et li outrages De ciaus cui jou ne tieng à sages Fu fais, enporte la courone.

Non pas sans plus, çou est la some, Don tout pour çou, mais pour itanl C*on le trueve le plus sachant De toutes choses où ii neut.

Nus autres dechevoir ne peut.

Ne il onques choses ne prist 251x0. Que il à chief bien ne méist.

Et teus hom doit porter coronc, Pour coi sachiés ses drois li done.

Et jou si fach et Tf reçons Méisme. autresl li Moutons.

Si vos dreciés et le prendés Corn vo singnor et couronés.

Renart fait quelques façons, mais cède assez complaisamment. Le léopard, le loup et le lynx (grandeur ou noblesse , force et prévoyance , regard pénétrant) lui posent la couronne sur la tête. Ireçons et Moutons veulent se prévaloir de la part qu'ils ont eue à l'élévation de Renart, mais celui-ci les fait ignominieusement chasser

de sa présence, et ils vont demander vainement protection à Noble, qui reconnaît dorénavant son impuissance ^

Âi la cour tout le monde présente ses hommages à Renart ; les cadeaux qu'on lui offre» il les refuse, mais sa femme et son fils les acceptent. Les grands animaux figurent comme grands dignitaires. Il y a repas splendide; Thypocrite prieur y assiste. Timer vieijt chanter avec accompagnement de harpe. Noble s'en trouve mal et veut qu'on le porte à l'église ; l'on y chante vigiles. Le hérisson et le mouton reviennent tout affamés demander l'aumône. Chacun retourne à son hôtel. Noble meurt et est enterré. Envie, orgueil et astuce, renardie^ élèvent ainsi les méchants et font périr les bons ; p'est ce qu'on vient de voir.

L'auteur promet de fournir de plus quelques renseignements sur le gouvernement de Renart.

' Encore un repos et une espèce de début qui semblent indiquer le commencement d'une quatrième branche :

V. 2650. Àtant H contes ci nos dist Que li jours de la Pentecoste Fu lendemain, donl cascuns jouste Delés le roi Renart se tint :

Cliascuns Tencline, cascuns vint A lui et li portoit offrande.

Ce est isi corne Renart fu coronés à Roi et il se parti de Mal-repair. (V. 2795-3398 ; 604 v.)

Huîmaîs me plaist que je vos die Du roi Renart que Diu maudie, Cornent de Mal-repair parti.

Quant le Lion ont enfoui, Gliascuns Prinches l'aséura, V. 2800. Et puis maint riche don douna

Âs grans singnors; mais aine à povre Ne douna or, argent ne covre, etc.

Autant Renart est généreux envers les grands, autant il est dur envers les petits. Il s'en va dans un autre château.

v. 2809. De Mal-repair Renars parti Droitemcnt à Grenomaisnil Un sien chastiel * torna son frain Une matinée moult main.

* Diaprés ce qui a été remarqué il se pourrait que ce fût ici la cinquième branche et non pas la seconde.

* Des différents endroits de ce poème où il est fait mention du Grenomaisnil, il résulte évidemment que Ton entend par là un domaine royal, et non pas une propriété de Renart* Ce nom ne paraît que dans le poème du Couronnement de Renart.]

320 UENART.

Le hérisson et le mouton se présentent de nouveau. Ils sont sermonnés et éconduits par le castor.

Vei^s 2901. Renart fait fortifier Grenomaisnil, part pour Jérusalem, fait ses offrandes au saint sépulcre, acquiert une grande réputation dans toute TÂsie et comble de joie tous les traîtres et tous les médisants. De là il va à Toulele ( Tolède) (v. 2949). Personne ne sait plus que lui de nécromancie et d'enchantement. Puis il passe en France et se rend droit à Paris, où on le reçoit encore comme une vieille connaissance et avec de grands honneurs ; il y donne le ton en toute chose. Sa réputation de sens, (Vavis et de falourdes (v. 2989) s'étendit même jusqu'à Rome.

V. 2990. Nus autres Rois ne faisoit bordes Ester pour voir * , mais ce fist-ii ; Ne fust nus drois qu*eos el péril Par son sens ne féist vierser Tant savoit-il très biel parler Et ramener uns drois avant Qui moult sont souef et plaisant Delitable à toute gent.

* Aucun autre roi ne faisait passer des mensonges pour des vérités, mais c'est ce qu'il fit.

RBNART. 321

Le pape même finit par le mander :

y. 3010. £Dsi li Papes oi Unt

De Renaît que par leitres fist Mander ce Roi c'a loi venist Par le conseil des Ghardenaus.

Le messager

V. 3017. Trova le Roi droit as Prescheurs * , Ensi coin des Frères Meneurs * Venoit, où mese avoit oîe.

Dont jou, sachiés, ne me dont mie.

Renart, extrêmement flatté de Tinvitation, fait de riches cadeaux au messager. A Rome, (m le reçoit avec la plus grande distinction. Le pape Tembrasse et prétend apprendre de lui à se conduire, puisque Renart sait tout faire ;

y. 3060. Car on m'a dit chastians ne tourâ Ne se pueent tenir à vos Que ne tournés tout au desous Çou qui au deseure doit iestre.

D'un huis vos faites bien feniesti^e, '■ Et d'un vies pot un nuef chaudron, De chances ausî chaperon, £t de moufles bousiaus k chievre, D'un porch-espîn faites un lièvre £t d'une grue un hireçon.

* Dominicains.

' Franciscains.

322 REIfABT.

Renart n'avoue pas tout, mais il dit pourtant :

y. 3072. Yoirs est dou Mouton fa-ge un priestre Et un abé d'un cornabns, D'un mais kmdier bien un rendus El un eyesque d'un gninau.

Il expose aussi la difficulté qu'il y a à se procurer les nioyens» à préparer et employer Tonguent nécessaire , et à cette occasion , il joue beaucoup sur les mots de rangement^ longementf l'onguement , longuement , Congnement et manière. Enfin le pape, ainsi que tout le monde, exprime sa joie de la visite de Renart et du profit qu'il va tirer de ses leçons.

Renart passe en Angleterre et de là en ÂUeinagne, où il est si bien connu, et où ses'ruses sont tellement appréciées qu'aucun honmie ne pouvait les ignorer. Tels s'en mêlent cependant qui ne savent guère réussir.

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