LIVRE II
Après une introduction de 30 vers, qui sert de transition, l'auteur remplit le second livre du récit de la maladie et de la guérison du lion. C'est ici tout-à-fait la répétition même des vers de la première partie du poëme d'Isengrimus, mais tellement amplifiés, qu'au lieu de 522 vers, il y en a ici 1200.
Le lion malade fait appeler tous les notables autour de lui :
y. 31. Contigit arreptum forti languore leonem
Nec refici somno nec potuisse cibo.
Nomen ei Rufanus erat, matrisque suevae
Et patris ungarici filius ipse fuit.
Âlea judicinm vîtae mortisque trahebat,
Spe timor ut fieret, spesque timoré urinor. Materiam morbi sors tempestatis alebat,
Solarem caocro tabificante rotam.
Jusserat idcirco rex stratum valie sub altâ, (iO. Quaque dabat densmn gratior nmbra nemus ; Scilicet ut morbi geminatus et aetheris ardor
Temperiém caperet commoditate loci.
Porro animique ferox rex, indocilisqne ferendi
RBUIARIWS. 46
Ipse siue stimulus dehiliutis erat Regius bine praeco non omnia régis ad arcem
Primatum regni nomina pauca vocat.
Quisque sui generis princeps acciturad aulam^
Berfridus capris, Grimmo tribunns apris, Reaiidus cervis, et Bmno praeditos arab, . 50. Carcophas aanis dux, sobdesque diicis,
Ytirecum Joseph, tuqae« Isengrime, luporum,
Reinardus rector stirpis honorqne sus, Bertiliana super capreas, et Gutero velox
Duxleporum, hos proceres regia charta jubet (Ut saltem, si nuUa malum medicina levaret,
Offidum pietas exequiale daret) Bex quoquedisposito pr«cidere jurgia reguo
Cù^M uxori pignoribusque dari.
Regia turmatim petiturdomus, bostis ab hoste 60. Securus veniens et rediturus erat.
Regins edicto mandayerat borror ubique
Pacem sub capîtam conditione datam.
Tout ce passage , qui sert d'exposition et fait connaître en partie les acteurs, est imité presque littéralement de Vlsengrimus. Le loup s*empresse auprès du roi lion, prétend, en sa qualité de moine et de religieux, être au dessus des lois, et prêt à se charger de toute responsabilité, il calomnie le renard et conseille au roi, pour sa guérison, de dévorer le bélier et le bouc :
y. 193. Rusticus est princeps, qui rustica jura tuetur,
Plebs procemm cibus est, utpote prata gregum.
Les deux victimes désignées s'indignent, chassent Isengrim à grands coups de cornes, et prétendent que Renart saura bien mieux guérir le roi. Renard ne s'étant point présenté, le lièvre est envoyé en ambassade auprès de lui pour le faire venir. Renart fait dire qu'il est absent, se râpait d'abord bien , ramasse alors des herbes et se munit de souliers usés. Sur la froideur de l'accueil du lion, l'hypocrite renard se plaint, et dit qu'au lieu de se rendre à la cour, il a entrepris le pénible voyage de Salerne (v. 328- 376), ce que le nombre des souliers usés atteste, et qu'il en rapporte des herbes salutaires pour le lion, auquel il prescrit d'en prendre, en se revêtant en même temps de la peau d'un loup afin de provoquer la transpiration. Isengrim, selon lui, prêtera volontiers la sienne, qu'on lui rendra après la guérison. En effet, à la suite de discussions et de plaidoyers assez longs , Isengrim est écorché et se retire plein de dépit et de honte. Le roi guérit en effet à l'aide des remèdes prescrits, et les plus grandes faveurs sont prodiguées à Renart. Alors Noble s'informe des altercations entre Renart et Isengrim. L'ours a fait sur ce sujet un poëme, que l'on charge le sanglier de réciter devant la compagnie. C'est ce récit des aventures antérieures de Renart et
REINARDUS. 17
disengrim qui forme le troisième livre de notre poëme.