‹ Les Romans du Renard examinés, analysés et comparésChapitre 7 sur 84 · LIVRE m · texte numérisé non relu

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La chèvre Bertiliana va entreprendre, comme à l'ordinaire, un pèlerinage à Rome ; elle s'adjoint ses amis Réaride, le cerf; Berfrid, le bouc; Joseph, le bélier ; Garcophas^ Tâne ; Renart, Gérard, Toie; et Sprotin, le coq :

V. 65. Gervus, ego et vervex, gallus, caper, anser, asellus, Samsimus ejusdem vota gerenda viae.

L'auteur, suivant encore son modèle, fait ici une amplification de la seconde partie de Tlsengrimus. Nous avons fait observer au commencement que le poète entre en matière de ïnanière à faire supposer qu'Isengrim et Renaît sont des personnages fort bien connus d'avance par les lecteurs. Il y a lieu ici de faire la même remarque ; car bien que les aventures que l'on va lire soient censées antérieures à celles qui précèdent, Iseugrim et Renart paraissent pourtant ici comme d'anciennes connaissances du public.

Pendant le voyage, un vieux loup vient demander à se joindre aux pèlerins ; on l'en détourne en lui offrant à manger la tête coupée d'un loup pendu, et en faisant semblant d'en

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avoir à fbîson ; il se retire, pour revenir avec d'autres loups. En attendant, les pèlerins ont grimpé sur le toit de la maison (v. 765-770) ; à l'arrivée des ennemis, Tâne, resté seul à manger du foin, veut s'y réfugier également, mais il retombe à la renverse et écrase deux des assaillants; les compagnons de Tâne font tout le vacarme dont ils sont capables, et effraient tellement les loups que ceux-ci s'enfuient. Aussitôt qu'il fait jour, l'oie et le coq admirent la victoire due à l'adresse du renard, mais ils en conçoivent en même temps des craintes pour leur propre sûreté, et se décident à retourner chez eux (v. 811). Renart ayant vainement employé son éloquence pour les retenir, les poursuit, atteint le coq dans une grange, s'entretient longuement avec lui sur ses àieux, flatte sa vanité, finit par le faire chanter les yeux fermés, le saisit aus^ sitôt et l'emporte. Des paysans s'en aperçoivent cependant et crient au voleur.

V. 991. Aspice, quid portet Reinardus, prende, relinques, Quo nunc fur? Quo sic? Prendite, curre, feril

Sproten en profite pour faire sentir vivement à Renart l'injure faite à sa noblesse par le titre outrageant que lui donnent les paysans ; l'orgueil blessé de Renart lui fait déposer le coq pour

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haranguer les paysans; le captif s'envole aussitôt , se perche sur une branche, et raille le renard, qui tente vainement de le rattraper (v. 1045). Renart maudit son imprudence, sa noblesse et jusqu'à ses propres dents; il discourt longuement pour tâcher de faire accroire au coq que la paix est faite et jurée entre tous les animaux ; mais Sprotin reste incrédule et se débarrasse enfin de Renart en l'avertissant qu'il voit arriver des chasseurs et des chiens. Il est assez curieux d'entendre le coq finir par appeler dédaigneusement Renart en duel et lui reprocher l'injure faite à sa noblesse (v. 1337-1346). Errant dans le bois , Renart rencontre un cuisinier dont il a plusieurs fois sauvé les moutons du loup; le cuisinier lui donne quelques pâtés gras. Renart en mange une partie, mais il en réserve huit et prie le cuisinier de lui faire une tonsure :

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