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Les romans du wagon

En dépit de la servante qui l’accompagne et lui rappelle le foyer domestique, malgré la présence de son mioche, — image réduite de l’époux resté à son bureau, — le spectacle continuel d’un vis-à-vis à moustaches noires, le bruit incessant des roues et des vitres, Je cliquetis des chaînes battant leurs anneaux, la fatigue produite par le cahot de la caisse et mille autres riens, ont pour résultante un énervement qui la transforme et l’arrache aux sphères irréprochables de la triste vertu.

S’il y voulait réfléchir, le mari le plus... mari, com-

LES ROMANS DU WAGON, prendrait les dangers de la voie ferrée pour la sécurité de son ménage, et ne confierait sa moitié aux Compagnies, qu’aprés en avoirexigé un bulletin d’assurances contre les déraillements conjugaux.

Mais le savon, la cannelle et les olives l’absorbent tellement!

Lorsqu’il conduit son épouse à la gare, l’époux l’engage ordinairement à monter dans le compartiment des femmes, à éviter les courants d’air et à s’envelopper les pieds d’une chaude couverture.

Et puis, il lui plante au front le baiser de la Saint- Martin de l’amour, et retourne à son Grand-Livre, tandis que madame évite l’asile indiqué aux femmes seules, met le cap sur l’endroit où l’on fume, et découvre traîtreusement à l’œil des compagnons de route deux petits pétons chaussés de chevreau puce!

A-t-elle tort?

La blâmerons-nous de fuir le cube méphitique où s’entassent les prudes édentées et les fausses Lucréces?

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