‹ Les romantiquesChapitre 7 sur 24 · JULES JAN IN · texte numérisé non relu

JULES JAN IN

Pareille aux toiles titianesques auxquelles le temps donne « une patine d'or » , son œuvre revêt une plus haute solidité, lorsqu'on remonte aujourd'hui à cette vivante époque de 1834 ; il y porte la pensée avec une aisance, un atticisme qui ne l'empêche pas d'imprimer à ce qu'il touche un cachet de personnalité profond. Mais c'est toujours en puisant « à la source vive , à la langue d'Athènes » , que le critique garde son originalité d'un reflet si intime. Son esprit est tout près de son cœur. En lisant l'écrivain on se sent près de l'homme. On est loin de ces praticiens du style qui n'excellent que dans la beauté du morceau : « Celui-ci est un Phidias dans l'art d'indiquer un ongle; celui-là oncle d'une façon exquise les cheveux d'une tête; ils suivent un détail, ils n'entendent rien à l'ensemble. » Au contraire, chez Janin, l'inspiration échauffe et remue toutes les parties* Ce marteau de bronze frappe en tous les coins à la fois , et fait résonner la page entière si chaude et si mouvementée. Chez lui, la prose est « ce fleuve inondé de soleil » dont parle Horace. Leste, fringant, joutant armé du mot, là il arrondit un contour, ici entre « les crochets d'une parenthèse » il jette un

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