‹ Les roses du laurierChapitre 106 sur 114 · A LA GRÈCE · texte numérisé non relu

A LA GRÈCE

Crime insensé ! révoltes vaines De la terre contre les cieux !

Le sang qu'on tire de tes veines Remonte en gloire vers les Dieux.

Honte à ceux qui frappent leur mère !

Lève-toi, mets le pied dessus,

Grèce d'Homère

Et de Jésus!

Ils ont beau blasphémer l'aurore, Nier ton droit, saper ton mur :

Ta colombe s'attelle encore Au char de Vénus, dans l'azur.

Déploie au vent les blanches voiles, Chasse la brume et tes bourreaux :

On n'éteint pas plus les étoiles Qu'on n'éteint l'âme des héros !

Honte à ceux qui frappent leur mère!

Lève-toi, mets le pied dessus,

Grèce d'Homère

Et de Jésus!

Pendant que l'étranger mutile Les marbres où fleurit ton nom, Sophocle chante avec Eschyle Au seuil croulant du Parthénon,

Debout pour les apothéoses!

Point de palmes aux faux guerriers !

Anacréon a plus de roses

Que les tyrans n'ont de lauriers.

Honte à ceux qui frappent leur mère !

Lève-toi, mets le pied dessus,

Grèce d'Homère

Et de Jésus!

Tu briseras Tacier du glaive,

Tu vaincras les pâles mortels,

Tant que la beauté de ton rêve

Resplendira sur nos autels.

Les ramiers blancs battront de l'aile

Autour de ton divin réveil;

Et tu souriras, éternelle

Comme la gloire et le soleil !

Honte à ceux qui frappent leur mère!

Lève-toi, mets le pied dessus,

Grèce d'Homère

Et de Jésus!

Août 1897.

Page 1