‹ Les roses du laurierChapitre 18 sur 114 · A CLÉMENCE ROYER · texte numérisé non relu

A CLÉMENCE ROYER

{Pour le banquet offert en son honnei

Je salue en vous, noble femme, La Science au geste sacré, Avec tout le cri de mon âme Où le rêve a parfois pleuré !

Je la salue au nom du Verbe, Les bras tendus vers votre gerbe, Gloire de nos sillons humains ; Car je veux, sainte apothéose!

Que ma strophe errante se pose Sur les lauriers, entre vos mains.

Plus de chaînes aux pieds nus dLve !

Plus d'esclaves sous les bâtons !

Paris vous acclame et se lève Autour de nous qui vous fêtons.

L'œuvre de votre pur génie, Faite de force et d'harmonie,

Profonde comme Tonde et l'air, C'est, sur les ailes de Tldée, La femme planant, évadée De l'ignorance et de Tenfer !

A làge où lame rit, éclose

Comme un lis aux doigts d'Ariel,

Vous avez, frêle et toute rose,

Sondé le problème éternel.

Pendant que les blanches Elvires

Contemplaient, aux doux chants des lyres,

La beauté des flots et des cieux,

Vous demandiez aux nuits sans voiles

L'auguste secret des étoiles

Qui se reflétaient dans leurs yeux.

Isis, la terrible inconnue,

La mère aux flancs immaculés,

Vous apparaissait, toute nue

Comme les marbres ciselés.

Le sein gonflé, toujours féconde,

Créant un monde après un monde,

Annonçant l'aube et le réveil,

Sans plus de brume et de mystère

Que si l'énigme de la terre

Etait un lambeau de soleil!

Feuille à feuille, roche par roche.

Vous épeliez, au temps des nids.

Les genèses qu'un coup de pioche Révèle en marge des granits.

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