‹ Les roses du laurierChapitre 52 sur 114 · FIN D'ANNÉE · texte numérisé non relu

FIN D'ANNÉE

Les jours, les mois, les ans s'écoulent comme une onde L'image de Tenfant que nous étions hier N'y laisse, tant la vie est rapide et profonde, Pas plus de trace, hélas ! qu'un oiselet dans l'air.

Tout croule. Un siècle pèse autant qu'une seconde;

Avril éclot à peine, et c'est déjà l'hiver ;

Le crâne décharné rit dans la tête blonde;

La fleur des bouches s'offre au baiser froid du ver.

Mais le cher souvenir, feuilleté comme un livre. Nous fait dans le passé tout doucement revivre. Même quand nous touchons au sépulcre glissant ;

Et qui donc vous a dit que la mort soit cruelle Au point de nous garder endormis sous son aile. Puisque nous revivons encore en vieillissant?

31 décembre 4891.

XYII

A REMY BELLEA.U

J'aime ton vers, bon Remy,

Quand parmi Les fleurs joyeuses d'éclore, Tu le cueilles doucement,

Diamant Où tremblote un rais d'aurore.

Je Taime quand il se plaît,

Violet, Rose et bleu, gentiment triste, A colorer les rameaux

Et les mots Des reflets de l'améthyste.

Ta strophe luit au soleil,

Dans réveil Des vallons et des prairies ; Et Ion croit voir à travers

Les bois verts Ruisseler des pierreries.

A REMY BELLE AU 15î-

Ta rime, oiselet d'argent,

Voltigeant Au gré du zéphir qui rôde, Niche devant le ciel bleu.

Au milieu D'un feuillage d'émeraude.

Et c'est, quand on te lit bien.

Doux païen.

Frère ensoleillé des merles.

Comme si dans un coffret

On ouvrait La petite âme des perles.

2i mai i%92.

XYIII

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