‹ Les roses du laurierChapitre 54 sur 114 · FLEUR DE GRÈVE · texte numérisé non relu

FLEUR DE GRÈVE

Poiu^ x1i»« Juliette.

Lorsque je suis venu, bon chevalier du rêve, Bardé de loyauté comme un briseur de fers, En ce pays terrible où le vent et la grève Déchaînent à la fois leurs souffles dans les airs.

Je m'étais figuré, tant j'ai Thorreur du glaive, Tant j'ai pitié des maux injustement soufferts. Que j'y serais aveugle à l'aube qui se lève, Que j'y resterais sourd aux musiques du Vers.

Mais dans l'effroi des champs, dans les cris de la rue. Vous nous avez souri, vous m'êtes apparue Entre mes compagnons que la lutte assombrit;

Et la rime a chanté dans mon âme qui pleure. Parce que j'ai compris que le rêve demeure Et que l'hiver est mort, tant qu'une fleur sourit!

Lens, 27 octobre 1893.

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