‹ Les roses du laurierChapitre 58 sur 114 · D'APRÈS UN TABLEAU DE L. BARILLOT · texte numérisé non relu

D'APRÈS UN TABLEAU DE L. BARILLOT

C'est un matin d'été, juste à l'heure troublante, Faite encore à moitié de songe et de réveil, Où Tarbuste et le nid, le fruit mûr et la plante Se mettent à revivre aux baisers du soleil.

Avec l'étrange rêve obstiné qui les hante,

Avec leurs yeux profonds et baignés de sommeil.

Les puissants bœufs, les grands bœufs à la marche lente,

Ont traversé le bois, le bois rose et vermeil.

Puis ils sont descendus à la source pour boire. Or, baissant et levant leur corne blanche et noire. D'autres bœufs, dans le fond, se montrent tout à coup ;

Et l'un d'eux, avançant le poitrail et la tête,

A l'air de dire avec son bon rire de bête :

— Hé! les frères, là-bas, ne buvez donc pas tout!

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