D'APRÈS UN TABLEAU DE L. BARILLOT
C'est un matin d'été, juste à l'heure troublante, Faite encore à moitié de songe et de réveil, Où Tarbuste et le nid, le fruit mûr et la plante Se mettent à revivre aux baisers du soleil.
Avec l'étrange rêve obstiné qui les hante,
Avec leurs yeux profonds et baignés de sommeil.
Les puissants bœufs, les grands bœufs à la marche lente,
Ont traversé le bois, le bois rose et vermeil.
Puis ils sont descendus à la source pour boire. Or, baissant et levant leur corne blanche et noire. D'autres bœufs, dans le fond, se montrent tout à coup ;
Et l'un d'eux, avançant le poitrail et la tête,
A l'air de dire avec son bon rire de bête :
— Hé! les frères, là-bas, ne buvez donc pas tout!