‹ Les roses du laurierChapitre 65 sur 114 · LA BONNE PRISON · texte numérisé non relu

LA BONNE PRISON

Quand la nuit épandra ses voiles, Le jardin luira, constellé De la poussière des étoiles Flottant sous Pégase envolé.

Grâce à la fuite blanche et rose Des nymphes dans les taillis verts.

Le houx ne sera plus morose, Les feuilles riront à l'envers.

L'oiselet, désertant les branches, Trouvera, gentiment blottis Entre les feuilles des pervenches.

Des quatrains bleus et tout petits.

Les sonnets et les campanules.

Emmêlés d'aurore et d'azur.

S'accrocheront par les virgules Au lierre escaladant le mur.

Horace, attisant l'incendie Des rosiers tout de suite éclos.

Dira les seins nus de Lydie, Vénus, la fortune et les flots.

Catulle, ce Mendès antique, Moitié riant, moitié rêvant.

Cueillera la strophe saphique Dans le soleil et dans le vent.

Banville, accoudé sur les cimes, De Lisie, escorté d'un lion, Prêteront à Ronsard des rimes En échange d'un papillon.

Tout le long des sentiers, Coppée Flànochera, la canne aux doigts.

Les yeux enTair, l'àme occupée Du nid des pinsons dans les bois.

De triolets et d'améthystes L'aube fleurira le gazon ; Et nous serons tous anarchistes, Afin qu'on nous mette en prison !

i-2 juillet 1894.

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