‹ Les roses du laurierChapitre 66 sur 114 · FÉLIBRÉE · texte numérisé non relu

FÉLIBRÉE

Déridez-vous, passants moroses !

Gazouillez sous la feuille, oiseaux 1 C'est toujours dans le temps des roses Que les Félibres vont à Sceaux.

S'il en est une, la dernière, Qui sommeille, mi-close encor, Vite elle ouvre ses lèves d'or, Dans le ciel et dans la lumière.

Les Heurs des bois et des sillons S'offrent, gentiment dégrafées.

Comme si, grâce aux bonne fées.

Nous étions tous des papillons.

Éveillez-vous, joyeuses brises !

Belles, mirez-vous dans les eaux!

C'est toujours au temps des cerises Que les Félibres vont à Sceaux.

Entre les feuilles inégales Où luit la fraîcheur des matins, On dirait que les vents lointains Apportent des vols de cigales.

Par-dessus la terre en travail, Au ras de la nue entr'ouverte, Juin suspend à la branche verte Des gouttes d'aube et de corail.

Strophes, montez avec les sèves !

Egayez-vous, nids et berceaux !

C'est toujours dans le temps des rêves Que les Félibres vont à Sceaux.

Les bras roulés autour des hanches.

Ceux qui n'aimeront qu'une fois Cheminent en mêlant leurs doigts Par les sentiers bleus de parvenches.

FEUBREE 175

Cueillez, cueillez, ô jouvenceaux, Fleurettes et bouches décloses !

Et nos rêves seront des roses, Quand nous retournerons de Sceaux.

Juillet 1895.

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