‹ Les roses du laurierChapitre 8 sur 114 · A LA COMTESSE DE DIE · texte numérisé non relu

A LA COMTESSE DE DIE

Si tu n'avais pas été douce

Au petit brin d'herbe qui pousse

Entre les fentes du vieux mur,

Au papillon, à l'hirondelle,

A tout ce qui tend un bout d'aile

Dans la pensée ou dans l'azur?

Pour que tu sois doublement belle Dans la gloire et dans l'idéal, C'est en un temple de Cybèle Qu'on a choisi ton piédestal.

Les vents ont ébranlé la porte, L'autel a croulé ; mais qu'importe Que les siècles aient emporté Les murs hantés d'ombres divines, S'ils refont avec leurs ruines Un socle à ta célébrité?

Accepte-le, ce bloc de pierre.

Au nom des hommes et des dieux !

Ils veulent que tu restes fîère

De ton sanglot mélodieux.

L'hommage qu'on rend aux poètes

Nous repose du bruit des fêtes

Où trône l'orgueil des guerriers ;

Et Cybèle, mère des mondes,

Qui fait pousser les moissons blondes,

Fait aussi pousser les lauriers !

Septembre iSH^.

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