‹ Les roses du laurierChapitre 7 sur 114 · A LA COMTESSE DE DIE · texte numérisé non relu

A LA COMTESSE DE DIE

(Pour r inaugurât ion de son buste, œuvre de M°^^ Clovi^ HuQues-Royannez, sur une place de Die)

O gente comtesse de Die !

Te voilà donc belle à jamais, Sous ce profond ciel qu'incendie Le soleil, gloire des sommets.

Non loin des vallons où la brise Chante sa chanson, Taile prise Au tremblement des rameaux verts.

En ce pays de poésie, Où l'éternelle fantaisie Fleurit dans la grâce du Vers !

Te voilà célébrée, ô femme!

Avec les bardes et les dieux, Parce qu'un jour on vit ton âme A travers les pleurs de tes yeux, Parce qu'il suffit à la rose, Pour mériter l'apothéose

40 ROSES DU LAIKIER

Devant l'azur éblouissant, D'avoir sur sa tige brisée l^orté la goutte de rosée Que l'aube pleurait en naissant!

Ce qui fait en un peu de gloire

Revivre ton nom tout entier,

Ce n'est point d'avoir à l'Histoire

Présenté ton blason altier ;

Ce n'est point d'avoir été belle

D'une beauté surnaturelle

Ni d'avoir eu, sous les cieux lourds.

En un bruit de vague qui roule,

L'agenouillement de la foule

A tes pieds chaussés de velours.

Ton nom, illuminé d'un rêve, N'aurait pas plus longtemps duré Qu'un tlot expirant sur la grève, Si tu n'avais jamais pleuré.

Si dans le vertige du doute, Tu n'avais jamais sur ta route Heurté du front au mal vainqueur, Si tu n'avais, ô joie amère!

Servi comme un dieu la chimère Qui buvait le sang de ton cœur!

Qui se souviendrait du passage De tes jours perdus dans les jours.

Si tu n'avais à ton corsage Porté la fleur des troubadours?

Page 1