‹ Les roses du laurierChapitre 81 sur 114 · MONTMARTROISES · texte numérisé non relu

MONTMARTROISES

Pour Louis Reynaud.

Oh ! les troublantes fillettes,

Joliettes Comme fleurettes d'avril!

Le poète les regarde

Et hasarde Un compliment puéril.

Elles s'en vont par les rues,

Point bourrues, Avec de telles façons Qu'on croit ouïr flotter Faile

D'une oiselle Au ras des tendres gazons.

Zut aux pâles et divines

Héroïnes Du roman qu'elles ont lu!

Elles font, libres conquêtes,

Des risettes Aux garçons qui leur ont plu.

Leur prunelle, un peu hardie,

Incendie Adolescent et barbon ; Une vague lueur folle

Auréole Leurs cheveux qui fleurent bon.

Quand l'averse tombe et change

L'onde en fange Le bitume en ruisselet, Cupidon, d'un coup de pouce,

Leur retrousse La robe sur le mollet.

Et pour qu'elles jettent toutes

Vers les routes Leurs fins bonnets que je plains, Montmartre n'a, sur sa butte

Qui chahute, Jamais assez de moulins !

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