‹ Les roses du laurierChapitre 88 sur 114 · A M™« PAUL ROSSI · texte numérisé non relu

A M™« PAUL ROSSI

Pendant que je brodais sur une trame feinte Les chimères de Tombre et les fleurs du trépas, J'ai pensé, noble amie, à votre douleur sainte Qu'on regarde pleurer et qu'on ne traduit pas.

L'étoile qui dorait votre ciel s'est éteinte. Votre cœur maternel s'en est allé là-bas, Là-bas, sous une pierre où le vent dit sa plainte, Hors du sentierbanal où se mêlent nos pas.

Vingt ans ! adoré! beau ! la mort en fut jalouse.

La mère, ô deuil sacré! pleure en vous dans l'épouse;

Le père inconsolé sanglote comme époux.

Et je voudrais, le front penché sur l'un et l'autre, Pour unir de plus près ma douleur à la vôtre, Vous chanter comme il m'aime et prier comme vous.

Embrun, 8 août 1903.

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