L'ÉTÉ
Pendant que les roses du rêve S'ouvraient aux souflles du printemps, Le fruit d'or couvait dans la sève, Tout le long des rameaux flottants.
Le voici penchant sous la feuille, Au ras de la haie ou du mur :
Les yeux le voient, la main le cueille. Parce qu'il s'offre et qu'il est mûr.
Aux vastes sillons où le Verbe Chantait son chant dans le soleil.
Les hauts épis, future gerbe, Roulent ainsi qu'un flot vermeil.
L'été blond réjouit ensemble L'aire, la grange, le troupeau, Et le coquelicot qui tremble Comme une frange du drapoau.