L'AUTOMNE
La tige où fleurissait l'Idée, La douce branche aux fruits de miel, Tout fléchit au gré de l'ondée, Tout dépérit au vent du ciel.
La forêt effare les mères Du bruit de ses rameaux flétris ; Le blanc tourbillon des chimères Disparaît à l'horizon gris.
Dans l'aube aux teintes violettes.
Les peupliers, raides et longs, Ressemblent à de grands squelettes.
Debout au seuil noir des vallons.
Mais l'Esprit plane sur les cimes, Et le soleil, quand il descend, Revêt ces fantômes sublimes D'un manteau de pourpre et de sang.