DEUXIÈME GROUPE. — ROSIERS DE L'INDE
Les rosiers de l’Inde forment plusieurs groupes secondaires qui diffèrent de faciès et de vigueur, mais qui n’en conservent pas moins le caractère essentiel de la race, une végétation continue pendant toule la belle saison; elle renouvelle son bois
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chaque année par l’émission de rameaux sortant du collet de la tige. Les semis et les croisements multipliés, en faisant naître un nombre toujours croissant de variétés et de sous-variétés, ont fait des Rosiers de l’Inde un groupe inextricable. En conséquence, nous nous bornerons à citer les espèces admises dans la culture, en y adjoignant les srOupes de variétés d'ornement à caractères indécis, dont la classification toute horticole ne repose que sur certaines affinités de végétation.
Première espèce. — Rosa BENGALENSIS. Rosiers du Bengale. Les rosiers de cette section diffèrent de végétation avec les Rosiers Thé; ils sont généralement plus vigoureux. Leur écorce est lisse ou munie de quelques forts aiguillons charnus, variant de forme et de couleur suivant les variétés. Les feuilles, divisées en 3, 9 ou 7 folioles, sont d’un vert plus foncé que celles des Rosiers Thé, et souvent plus profondément dentées. Les fleurs, de coloris divers, ordinairement rouges et peu odorantes, sont solitaires sur les brindilles et en panicules sur les rameaux. Le fruit (ovaire) est arrondi. Les Rosiers du Bengale sont les plus remontants de tous les rosiers de l'Inde; nous citerons comme “ue e le Bengale ordinaire, espèce très-vigoureuse, qui commence à montrer ses fleurs dès le mois d'avril, et ne cesse de fleurir que sous la neige.
On rattache aux Rosiers du Bengale les variétés Rosier de Miss Lawrence où Bengale pompon (Rosa Lawrenceana), qui n’en diffèrent que par des dimensions beaucoup plus petites dans toutes leurs parties, tiges, feuilles et fleurs. Ce sont, pour ainsi dire, des réductions ou des miniatures des Rosiers Thé; aussi les emploie-t-on avec avantage pour faire des bordures.
Deuxième espèce. — Rosa INpiIcA FRAGRANs. Rosiers Thé. Les rosiers de cette section ont beaucoup d’analogie avec ceux de Bengale, mais ils sont un peu plus délicats, et leurs fleurs,
à pétales plus larges et plus épais, possèdent une odeur assez prononcée, que l’on s'accorde généralement à trouver analogue à celle du thé.
Ce rosier a produit en Europe une multitude de variétés, qui font l’ornement des plus belles collections; mais il est assez délicat. Ses rameaux sont ordinairement grêles, peu nombreux, arqués et presque dépourvus d’aiguillons; l'écorce est vert sombre, parfois teintée de rouge vineux; les feuilles, divisées en 3, 5 et rarement 7 folioles, sont d’un vert foncé, plus luisantes et souvent plus allongées que dans les autres espèces. Les fleurs, de coloris variés, sont généralement d’une nuance un peu indécise, teintée de jaunâtre et de rose carné, ou jaune pâle, quelquefois d’un beau jaune vif; elles sont presque toujours solitaires, s’inclinant sur un faible pédoncule. Les sépales tombent avant la maturité du fruit (ovaire), qui est un des plus gros du genre et qui prend une teinte noirâtre en muürissant, ce qui, du reste, arrive rarement sous le climat de Paris. La floraison est tardive et dure jusqu'aux gelées. Les temps couverts de l’automne lui sont particulièrement favorables.
Cette belle race de Rosier n'est pas répandue dans les jardins autant qu'on le désirerait, parce qu’elle gèle souvent jusqu’à la greffe, ce qui la fait peu à peu disparaître des collections. Elle est moins gracieuse franc de pied et en touffes que greflée; mais il suffit alors de la butter en hiver pour obtenir de la souche de nouvelles pousses au printemps.
Troisième espèce. — Rosa NoIsETTIANA. Rosier Noisetle. Les rosiers issus de cette espèce sont d’une grande vigueur. Leurs rameaux, très-allongés, gros, réfléchis et plus épineux que ceux des Rosiers du Bengale, les font reconnaitre au premier coup d'œil par lamateur exercé. Un autre caractère qui les distingue est de présenter assez souvent des feuilles à neuf
folioles, les Bengale n'en ayant que de trois à sept. Les fleurs, disposées en corymbes toulfus, sont soutenues par de longs rameaux presque sarmenteux; elles sont le plus souvent moyennes et de coloris très-variés, depuis le blanc le plus pur jusqu’au cramoisi et au jaune de chrome. L’ovaire est arrondi; la floraison est tardive (fin juin) et dure jusqu'aux premières gelées. Le Rosier Noisette forme en francs de pied des touffes magnifiques. C'est une race précieuse, parce que sa première floraison paraît immédiatement après celle des rosiers remontants. [1 y a-quelques variétés de Rosiers Noisette d’une nature très-délicate, qui présentent assez bien l’aspect des Rosiers Thé. C’est en 1814 que M. Louis Noisette, horticulteur à Paris, recut cette variété de son frère, Philippe Noisette, établi pépiniériste à Charlestown (États-Unis). Elle lui était annoncée comme un hybride du Rosier de l’Inde et du Rosier musqué, obtenu de ses semis. Depuis cette époque, M. Robert, directeur du jardin botanique de Toulon, a obtenu un rosier identique, d’une graine de Rosier musqué.
Quatrième espèce. — Rosa BorBoNICA. Rosier Île-Bourbon. Les rosiers de cette section sont vigoureux ; leurs rameaux sont courts et plus gros que ceux des Bengale ; l'écorce en est lisse et fortement aiguillonnée; ses aiguillons courts, forts et élargis à la base, sont crochus et assez distants les uns des autres. Les feuilles, d’un vert sombre, sont ordinairement formées de trois, cinq ou sept folioles ovales, un peu arrondies à l'extrémité. Les fleurs, solitaires sur les brindilles, fleurissent par bouquets de trois, quatre, cinq et quelquefois davantage, sur les rameaux vigoureux. L’ovaire est arrondi, souvent même court et renflé. Ce type a tenu une belle place dans nos collections et quelques variétés sont toujours de premier ordre, mais il arrive souvent qu’il dure peu quand il est greflé sur
tige, et que sa tête n’est belle que pendant quelques années, les fleurs étant souvent défectueuses. Pour éviter, au moins en partie, ces accidents, il faut renouveler la plantation à l’aide de jeunes sujets. Dans les années sèches, la floraison d’automne est presque toujours la plus belle.
Sections peu définies. — 1° RoSIERS HYBRIDES REMONTANTS. — A. — Variétés ayant des rapports avec les Rosiers Ile-Bourbon.
Les rosiers de cette section offrent certaines ressemblances avec ceux de l’île Bourbon, mais leurs caractères sont encore plus mal définis ; aussi la classification en est-elle purement arbitraire et toute relative aux besoins de l’horticulture.
Quelques variétés végètent en s'étendant horizontalement. Les rameaux sont courts, déliés et raides; les aiguillons aplatis et aigus; les feuilles, à nervures saillantes, sont luisantes et fortement dentées. Ces variétés proviennent surtout d’un type bien distinct : la Gloire des Rosomanes. Si leurs fleurs ne sont pas toujours d’une forme parfaite, elles ont du moins l’avantage d’une floraison continuelle, et se distinguent par la beauté de leur coloris. D’autres rosiers de cette même section émettent des rameaux plus allongés et fleurissent en panicules, caractères que lon remarque dans certaines variétés d’/le-Bourbon. Les autres ressemblent davantage aux hybrides de Portland, mais leur calice est moins allongé et leur ovaire plus généralement arrondi.
2° ROSIERS HYBRIDES REMONTANTS. — B, — Variétés ayant des rapports avec les Portland.
Ceux-ci, quoique de moyenne stature, sont ordinairement des plantes vigoureuses. Leurs rameaux dressés, plus ou moins allongés, rappellent ceux des Portland; les aiguillons sont nombreux et inégaux ; les feuilles, d’un vert sombre, finement
dentées, sont plus luisantes que celles des Portland; les fleurs
sont terminales, réunies en bouquets de trois ou cinq, rarement solitaires ; l’ovaire est allongé, ce qui est un nouveau trait de ressemblance avec les Rosiers de Portland.
C’est dans cette section que se trouvent les plus belles variétés remontantes. Les roses La Reine, Jules Margottin, Baronne Prévost, Triomphe de l'Exposition, etc., en font partie.
9° ROSIERS HYBRIDES NON REMONTANIS. — Les rosiers de cette section forment une série de variétés obtenues de 1820 à 1840. Elles paraissent provenir du croisement des races indiennes avec les rosiers de Provins; elles ne remontent pas, mais elles se font remarquer par leur vigueur, la perfection de leurs fleurs, la finesse et la vivacité des coloris. Ces rosiers, quoique ne fleurissant qu’une fois dans l’année, sont d’un grand intérêt pour l’horticulture d'agrément, parce qu'ils fleurissent plus tardivement que les rosiers remontants proprement dits, et qu'ils prolongent ainsi la jouissance de la floraison des roses au printemps. Ils sont aussi la souche de rosiers hybrides remontants.