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TROISIÈME GROUPE. — ROSIERS SARMENTEUX

Groupe d'espèces généralement d’une grande vigueur et pour la plupart originaires de l’Asie orientale. Leur végétation diffère peu de celle des rosiers de l'Inde, en ce sens qu’elle est continuelle et que leur feuillage est plus ou moins persistant ; ils émettent, comme ceux-ci, de jeunes rameaux qui sortent tantôt du collet de la plante, tantôt des tiges principales, et qui atteignent, dans certaines espèces, une longueur considérable; les feuilles, divisées en 3, 9, 7 et quelquefois 9 folioles, sont généralement plus petites et plus étroites

que dans les autres rosiers. Les fleurs, en corymbes et nombreuses, sont placées au bout de petites ramilles qui se développent à l’insertion des feuilles sur les forts rameaux de l’année précédente; car il est à remarquer que, chez les rosiers sarmenteux, les rameaux les plus vigoureux ne fleurissent jamais directement, mais que, l’année suivante, ils développent des ramilles qui se terminent par des corymbes de fleurs plus ou moins fournis, suivant la variété et la vigueur de la plante. Ces rosiers ont leurs rameaux si allongés et si flexibles que ceux-ci ramperaient à terre, s'ils n'étaient soutenus par des arbres ou de longues perches ; aussi servent-ils principalement à couvrir des berceaux, des tonnelles ou des murailles. Ils sont pour la plupart sensibles à la gelée et ils résistent rarement aux hivers rigoureux sous le climat de Paris. |

Première espèce. — Rosa muLrirLora. Rosier mulhflore. Ce rosier est originaire du Japon; il a été introduit en Angleterre vers 1840, et en France en 1820. Sa vigueur est extrême; ses l'AMEAUX, longs et flexibles, sont lisses, avec quelques rares petits aiguillons. Ses feuilles, à 5 ou 7 folioles, sont assez rapprochées, molles et gaufrées, d’un vert tendre un peu glauque ; ses fleurs, comme dans tous les rosiers grimpants, sont en corymbes au bout de ramilles qui se développent sur les rameaux de l’année précédente; elles sont petites, généralement de couleur pâle et supportées par un pédoncule long et velu.

Les rosiers multiflores produisent un effet splendide, palissés au levant ou au couchant sur la façade d’une maison, qu'ils cachent sous un tapis de fleurs. {ls gèlent à 8° centigr. sous le ciel de Paris, à moins d’être abrités; ils doivent être peu taillés, et seulement après l'hiver il suffit d'enlever le bois mort ou fatigué par la gelée.

Deuxième espèce. — Rosa Banksræ. Rosier de Banks. Ge

rosier, originaire de la Chine, a été introduit en Angleterre en 1807, et a fleuri pour la première fois à Paris en 4819. Il est excessivement vigoureux et on le voit atteindre dans le Midi le sommet des arbres les plus élevés. Ses rameaux, très-déliés ettrès-allongés, n’ont pas d’aiguillons ; l'écorce en est lisse et d'un vert pâle; les feuilles, à 3 ou 5 folioles, étroites et pointues, sont luisantes des deux côtés ; les fleurs, en corymbes, sont nombreuses sur les ramilles et supportées par un pédoncule de © centimètres environ; elles sont petites, blanches et ont une odeur prononcée de violette. Ce rosier est trèssensible au froid; il gèle à 6°, et doit par conséquent être abrité pendant l'hiver. Il en existe une variété à fleurs jaunes qui ne diffère du précédent que par le coloris, et qui paraït un peu moins sensible à la gelée.

Troisième espèce. — Rosa Banksrana ForTuner. Rosier Banks de Fortune. Introduit de Chine en 1840 par le voyageur Fortune. Il est également très-vigoureux. Ses rameaux déliés sont moins allongés que dans l'espèce précédente, et ils sont armés de rares aiguillons courts et crochus, d’une grande résistance; l'écorce est lisse et vert foncé; les feuilles, dont le pétiole est aiguillonné, sont divisées en trois ou cinq folioles étroites et. pointues, d’un beau vert foncé et luisantes des deux côtés; elles sont très-abondantes et pour ainsi dire persistantes, car elles ne tombent qu'après l'hiver. Les fleurs, plus grandes et plus doubles que celles du rosier de Banks ordinaire, sont blanches, quelquefois solitaires et quelquefois aussi par bouquets de trois à cinq, soutenus par des ramilles issues des rameaux de l’année précédente. Ce rosier est très-avantageux pour cacher des murailles, à cause de sa rusticité et de son abondant feuillage.

Quatrième espèce. — Rosa LuTEA Forruner. Rosier jaune de Fortune. Introduit par le même voyageur, ce rosier paraît

ESPÈCES ET VARIÉTÉS CULTIVÉES. 43 constituer une espèce particulière; il se rapproche des Banks par sa végétation, sa vigueur excessive et son feuillage, mais il en diffère essentiellement par sa fleur. Ses rameaux, d’un vert jaunâtre, sont armés d’aiguillons courts, forts et crochus, de : couleur brun rougeâtre ; l’écorce est lisse; les feuilles, à 3 ou © folioles d’un vert pâle, ont aussi le pétiole garni d’épines plus petites, mais en tout semblables à celles des rameaux; les leurs sont semi-doubles et composées de larges pétales d'un beau rose aurore cuivré. Ce rosier doit être peu taillé, attendu qu'il fleurit à l'extrémité de ramilles qui se développent sur les rameaux de l’année précédente.

Cinquième espèce. — Rosa SuLruREA. Rosier sulfureux. On le dit originaire du Levant, et l’on ne connaît que le type à fleurs doubles. C’est un arbuste vigoureux et rustique, à rameaux élancés, munis de nombreux aiguillons subulés et inégaux. Les feuilles, à 5, 7 ou 9 folioles ovales-arrondies, sont dentées, d’un vert pâle en dessus, glauques en dessous. Fleurs solitaires, globuleuses, s’ouvrant difficilement.

Tous les terrains, comme tous les pays ne lui conviennent pas; il réussit assez bien en France et en Allemagne, mais rarement en Angleterre; partout il s’accommode mieux des terrains humides que des terrains secs. [1 doit être peu taillé. Les vieux pieds abrités de la pluie ainsi que des rayons d’un soleil trop ardent fleurissent d’une manière satisfaisante.

Sixième espèce. — Rosa SEMPERVIRENS. Aosier loujours vert. Il est commun dans la région méditerranéenne, en France, en ltalie, en Afrique, et même, dit-on, en Asie, dans la presqu'ile en decà du Gange. C’est une espèce excessivement vigoureuse et qui peut, à l’aide de tuteurs, s'élever à des hauteurs considérables. Ses rameaux sont lisses et aiguillonnés; ses

feuilles, à 3, 5 ou 7 folioles dentées, un peu pointues, d’un

vert sombre, ne tombent qu'après l'hiver. Ses fleurs, petites, blanches ou blanchâtres, sont odorantes et fleurissent par trois ou six sur les ramilles. Ce rosier doit être peu taillé.

Seplième espèce. — Rosa AYRSHIREANA. Rosier Ayrshire. On croit qu'il provient d'un croisement du Rosier des champs (Rosa arvensis) avec une espèce sarmenteuse qu'il est impossible de reconnaître. Il a été trouvé en 1768, dans un jardin du comté d’Ayr, en Écosse. Il est d’une grande vigueur et trèsrustique. Ses fleurs, petites et très-nombreuses, d’un coloris pâle, produisent un grand effet au moment de la floraison. On le cultive avec avantage, attaché à de longs piquets, sur lesquels il forme des colonnes de fleurs. Comme tous les rosiers sarmenteux, il ne doit être taillé qu'avec beaucoup de modération. |

Huitième espèce. — Rosa ruBiroLrA. Rosier à feuilles de ronce. Arbrisseau vigoureux de l'Amérique dùû Nord, dont les rameaux élancés sont munis d’aiguillons longs et minces. Ses feuilles, d’un vert sombre, sont luisantes, à nervures prononcées et profondément dentées. Ses fleurs sont petites, d’un rose pâle ou roses; elles sont réunies par trois ou six sur les ramilles. Même recommandation que pour les précédents, relativement à la taille.

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