MULTIPLICATION. TA
2° MULTIPLICATION PAR DIVISION DE pieps. — Les louffes de rosiers prennent de la force en vieillissant et présentent un groupe de tiges formées par des drageons sortis du collet des racines ou de la souche. Cependant les rosiers des Indes émettent généralement leur touffe du collet central situé au-dessus des racines, et cette touffe est moins susceptible d’être divisée. Lorsqu'un rosier dit franc de pied vieillit, les branches en excès s’épuisent, parce qu’elles ne peuvent plus trouver dans le sol une nourriture convenable ; on doit donc rajeunir et diviser cette souche en l’arrachant à l’automne ou dans le courant de l'hiver. On peut également, sans la déplanter, la diminuer sur son pourtour et replanter les parties séparées. Ce mode de multiplication était presque le seul usité par nos pères; 1l convient surtout aux Cent-feuilles, Provins, Pompons, etc. On profite des labours d'hiver pour séparer les touffes, ce qui suffit, le plus souvent, pour tenir le parterre convenablement garni.
3° MULTIPLICATION PAR MARCOTTES. —. (Fig. 6) a. Marcottes avec rameaux lignifiés. Si une branche inclinée vient à toucher le sol, il s’y développe souvent des racines au point de contact, et la branche forme un individu distinct du pied-mère. On imite ce procédé en courbant une branche et en enterrant la partie courbée. Ce mode de multiplication convient pour les variétés qui ne reprennent pas facilement de bouture, toutes variétés à bois dur, telles que Gent-feuilles, Cent-feuilles mous= sus, Provins, Damas, etc.
En avril, on choisit sur une touffe un ou plusieurs rameaux jeunes et bien constitués, puis on fait une incision transversale sur la partie courbée, sous un œil et au tiers de l'épaisseur, en remontant de 3 centimètres environ dans le sens de la tige; il en résulte un éclat, sur lequel se développe un bourrelet formé par la séve et qui donne naissance à des racines. On fixe, avec
un petit crochet de bois ce rameau dans la tranchée préparée à l'avance, puis on recouvre de 7 à 8 centimètres de terre. La réussite dépend de la qualité de la terre et des arrosements donnés à propos. On taille à 10 centimètres l'extrémité des marcottes, qui, au bout de trois mois, sont généralement enracinées. En novembre, en les découvrant avec précaution avec la main, on s'assure de celles qui ont pris racine, et qui doivent être séparées du pied-mère et mises en place; les autres, qui n'ont formé qu’un bourrelet charnu sur la coupe, sont conservées une année de plus. La marcotle sans incision est fautive et n’émet de racines que la deuxième année.
b. Marcotltes avec rameaux herbacés. — Ce mode de traitement convient pour les Rosiers moussus et la Rose du Roi, qui réussissent difficilement par le premier procédé. Elle se fait avec les pousses du printemps. On choisit en juin de longs rameaux herbacés, on enlève les feuilles sur la partie qui doit être enterrée, puis on pratique comme ci-
contre; seulement, comme le
rameau se casserait infaillible- Fig. 6. — Marcotte courbée et incisée. ment si on faisait en même temps la courbure et l’incision, on courbe d’abord, et, huit jours après, on déterre la partie courbée qui a pris son pli; on fait alors l’incision, puis on enterre de nouveau cette partie courbée, sans supprimer l'extrémité du rameau qui continue à végéter.
h° MuLTIPLICATION PAR BOUTURE. — Le rosier ne reprend de bouture que dans certaines conditions spéciales, aussi cette opération ne peut-elle être pratiquée avec un suCCès assuré que par des personnes expérimentées; il est donc nécessaire de faire . connaître au moins ce qu'il y a d’essentiel dans ce moyen de